Analyses

Thomas Cook Group: nouveaux éléments

L’onde de choc causée dans les différents marchés par la disparition de Thomas Cook le 23 septembre dernier se fait encore sentir auprès des collaborateurs, du personnel, des hôtels et des entreprises partenaires, pour ainsi dire dans le monde entier.

Après les agences britanniques (reprises la semaine dernière par Hays Travel) et nos agences Neckermann belges (par le groupe espagnol Wamos), c’est aujourd’hui une grande partie des agences Thomas Cook en Allemagne (environ 700) qui sont reprises par le groupement RTK. Entre-temps, l’Union européenne a approuvé le prêt de 380 millions d’euros demandé par Condor, la compagnie aérienne filiale de TC. Au Royaume-Uni, Jet2 et Wizz Air ont comblé le vide laissé dans les Canaries avec 100.000 sièges supplémentaires et en Turquie et dans les Baléares avec 170.000 sièges. Pour la saison 2020 à venir, TUI fly UK prévoit deux millions de sièges supplémentaires répartis sur diverses destinations.

Le groupe RTK (Raiffeisen – Tours – Kooperation), la plus grande alliance d’agences de voyages d’Europe, regroupe quelque 4.000 agences affiliées et indépendantes représentant un chiffre d’affaires cumulé d’environ trois milliards d’euros, explique Thomas Bösl, CEO de RTK. Le groupe est connu sur le marché belgo-luxembourgeois depuis la fusion cet été entre RTK et Avitour sous la direction d’Alain Kiesel. Aux Pays-Bas, le curateur est encore à la recherche d’une solution pour certaines parties de l’entreprise. Thomas Cook Pays-Bas ne possédait plus d’agence depuis huit ans déjà, après la vente d’une centaine d’agences à RTK en septembre 2011.

La filiale TC Nordics, le T.O. scandinave fort de labels comme Ving, Spies et Tjaereborg en Norvège, au Danemark, en Suède, a déjà repris du service après seulement un jour d’interruption le 24 septembre (en conservant une flotte de 11 appareils Airbus propres).

France

Le 22 octobre, le verdict tombera pour les 780 employés français qui attendent toujours une éventuelle relance de la branche française de Thomas Cook. Le tour-opérateur français Jet tours (filiale de TC) n’intéresserait pas les éventuels repreneurs. En première ligne, certains observateurs avancent les noms de Maritton Development et Salaün Holidays. Mais selon Nicolas Delord, président de TC France, dans ‘Le Quotidien du Tourisme’ ce mardi soir, il y a bien “cinq ou six candidats solides”. Selon certains partenaires hôteliers, les Chinois du groupe Fosun pourraient aussi représenter un candidat repreneur inatendu.

Destinations méditerranéennes

Les associations hôtelières de presque toute la Méditerranée parlent déjà de dommages directs pour les hôtels de vacances. Les hôteliers grecs parlent de 200 millions d’euros de pertes suite aux factures impayées, plus les 125 millions d’euros de manque à gagner à cause de l’annulation des voyages des clients pour octobre. Sans parler des clients perdus pour les sous-traitants. Même son de cloche en Turquie, en Tunisie, en Egypte et bien entendu en Espagne, où le gouvernement met en place un plan d’urgence avec les hôteliers en prévision de la faillite (début 2020) d’environ 500 hôtels!

En ce qui concerne les actionnaires, le groupe chinois Fosun, actionnaire majoritaire du Thomas Cook Group depuis 2015, a favorisé Intourist en Russie, dont TC était actionnaire à 50,1% depuis 2011. Comme on sait, le marché russe (surtout Moscou – Saint-Pétersbourg et Krasnodar, etc.) est très important pour les fournisseurs turcs, égyptiens et du Golfe alors que les clients de l’est de la Russie favorisent la Chine.

Robrecht Willaert, rédacteur en chef Travel Magazine

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