Analyses

Le surtourisme à Bruges: quelles mesures?

Le surtourisme à Bruges: quelles mesures?

La haute saison approchant, le surtourisme est plus que jamais sur toutes les lèvres. Des mesures à Venise, Amsterdam, Barcelone et Dubrovnik causent pas mal d’agitation. Chez nous, ce thème est directement associé à Bruges. Selon l’échevin du tourisme Philip Pierins, les choses ne sont pas aussi extrêmes. Il n’empêche, le conseil communal de Bruges est prévoyant et met en place des mesures que même CNN a relayées.

Supportable

La relativisation de la problématique de la ‘surpression’ réside selon Philip Pierins dans l’observation que certains types de visiteurs se trouvent aux mêmes endroits, au même moment de la journée, alors que dans d’autres villes, cette donnée est une constante. Il modère également les statistiques de Big Data. Parmi les 8,3 millions de visiteurs qui ont visité Bruges l’an dernier (+0,9 million par rapport à 2017), 1,2 million d’entre eux était des visiteurs d’un jour (pratiquement tous issus de la région de Bruges qui ne restent qu’entre une et trois heures en ville) et 1,1 million était des touristes séjournant en ville. Il reste donc 6 millions de touristes d’un jour, qui ont généré un total de 440 millions de chiffre d’affaires. 2 millions d’entre eux viennent de Flandre orientale et occidentale, et 1,3 million est originaire du reste de la Belgique. On dénombrait 1,7 million de visiteurs issus de nos pays limitrophes, d’Espagne et d’Italie, et enfin 1 million du reste du monde. L’échevin est d’avis que Bruges est donc encore dans une situation supportable.

Le noyau important est bien évidemment celui des touristes qui résident en ville, qui représentent 1,8 million de nuitées. Ce chiffre évolue à bon rythme. A noter que les effets des attentats terroristes de 2016 (Zaventem et Bruxelles) sont bien visibles.

Objectifs

Philip Pierins, à propos du contexte: “Les mesures concrètes que nous voulons mettre en place s’inscrivent dans une vision globale. Le tourisme à Bruges soutient la dynamique de la ville qui vise à être équilibrée, unie, attirante et avec un fort esprit d’initiative. Dans le cadre de cette volonté d’équilibre, nous voulons canaliser les abus. Même si nous pouvons encore accueillir tous les touristes à la journée dans le triangle d’or, nous nous concentrons sur les touristes à valeur ajoutée, au niveau culturel et économique. C’est pourquoi nous investissons dans le MICE. Nous investissons notamment dans le nouveau centre de congrès d’une capacité de 600 à 700 personnes. Selon les observations de Meeting in Brugge, les congressistes s’intègrent dans la vie de la ville et il semble que presque tous reviennent par après.”

Taxer les passagers autocaristes et croisiéristes

“Afin d’éviter le surtourisme, nous voulons imposer ceux qui le causent. Nous réfléchissons à une (petite) taxe per capita, qui sera transposée par autocar. Les revenus créés seront investis dans des travaux d’infrastructure comme des parkings souterrains. Ce même système devrait également être appliqué aux passagers croisiéristes qui optent pour une excursion à Bruges. Nous allons également passer des accords avec le secteur pour répartir davantage les heures d’arrivée au port et les visites en ville.”

Juillet et août sont toujours les mois les plus chargés, mais en décembre dernier, 40.000 passagers ont été enregistrés pendant huit jours, et même 60.000 rien que le 30 décembre.

Limiter les ‘maisons de vacances’

Outre la limite hôtelière en place depuis longtemps, une nouvelle limite pour les logements de vacances va être implémentée à Bruges. Philip Pierins: “Nous devons à tout prix éviter que le centre-ville se vide de ses habitants. Pour permettre d’avoir des logements accessibles et permanents en ville, nous appliquons des critères sélectifs pour les nouveaux hôtels ou des extensions d’hôtels existants dans le centre. Nous développons une vision d’ensemble pour toute la ville pour les logements de vacances, où la capacité maximale souhaitée est fixée et où les logements non agréés sont fermés. La limite de logements de vacances s’étend maintenant à des zones en périphérie où le logement devient difficile. En accord avec les instances supérieures, nous visons une adaptation du décret logement où l’attestation de conformité urbanistique est exigée et où un numéro est attribué lors de l’enregistrement. Numéro qui devra être communiqué dans toute publication sur les plateformes de réservation.”

Ecrit par Daniel Steevens

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