Analyses

Billet d’opinion: “Arrêtez d’importuner les passagers”

A l’approche de la grève du personnel de cabine de Ryanair ces mercredi 25 et jeudi 26 juillet, notre TM Aviation reporter Luk De Wilde se fend du billet d’opinion suivant:

“Arrêtez d’importuner les passagers!”

© Ryanair

“Comme annoncé, Ryanair se voit dans l’obligation de supprimer 300 vols en raison d’une grève. Cela semble beaucoup, mais sur un total de 2.400 vols répartis sur deux jours, il ne s’agit certainement pas de l’impact espéré par les syndicats.

Pour notre pays, ce sont 50 des 160 vols de Ryanair prévus ce mercredi 25 et jeudi 26 juillet qui seront annulés. Moins d’un tiers, donc.

Un chiffre en contraste criant avec les prévisions de plusieurs syndicats annoncées en début de mois lors d’une conférence de presse européenne à Bruxelles. Les syndicats prétendaient alors qu’aucun vol Ryanair ne décollerait de Belgique lors de cette grève.

Pareil au Portugal, en Espagne et en Italie, où l’impact de la grève sera moins important qu’annoncé précédemment après les négociations des syndicats catholiques européens. Aujourd’hui, on constate que le nombre de vols devant être annulés est bien plus bas que prévu: 27% au Portugal et 24% en Espagne. La grève en Italie est menée par une partie des pilotes et est prévue pour une date ultérieure.

Le fait qu’une cinquantaine des 160 vols journaliers de Ryanair soient annulés est surtout gênant pour les passagers concernés. Ils peuvent récupérer leurs frais, modifier gratuitement leur billet et demander une compensation, mais cela va aussi causer de nombreux soucis en pleine période de vacances.

Le fait qu’une cinquantaine des 160 vols journaliers de Ryanair soient annulés est surtout gênant pour les passagers concernés”

C’est justement là que les syndicats ont une lourde responsabilité. Ils auraient pu ventiler les inquiétudes de leurs affiliés d’une autre façon. Tout d’abord en lançant des négociations plus tôt avec Ryanair. C’est ce qui a été fait le mercredi 18 juillet dernier.

Toutefois, les choses n’avançaient pas assez vite selon les syndicats. “Nous avons vécu la rencontre de mercredi comme une victoire, car Ryanair est venu nous rencontrer de façon officielle. Notamment grâce à la pression de la grève, nous pensons qu’ils prennent maintenant leurs partenaires sociaux en Belgique au sérieux”, pouvait-on apprendre après l’entrevue. En septembre, les négociations reprendront au Service public fédéral Emploi, Travail et Concertation sociale. Mais pour annuler la grève prévue la semaine prochaine, il était déjà trop tard selon les syndicats.

Les organisations syndicales exigent notamment que le personnel de cabine soit reconnu par Ryanair. A l’heure actuelle, certains membres du personnel travaillent officiellement pour des sous-traitants tels que Crewlink en Workforce. Ils demandent également que la législation du travail belge soit reconnue par la compagnie, ce qui impliquerait des élections sociales, une représentation syndicale et de nouvelles conditions salariales doivent être conclues. Ils exigent également que Ryanair reconnaisse les syndicats belges, ce qui n’est toujours pas le cas.

Les choses sont-elles plus claires? Ce sont les syndicats qui veulent être reconnus. Dans moins de deux ans, de nouvelles élections sociales auront lieu. La récolte des membres et des affiliations a déjà commencé. Et à nouveau, les dirigeants syndicaux n’hésitent pas à coupler l’élément de ‘sécurité’ à leurs exigences, simplement pour s’attirer les faveurs des voyageurs. Car qui ne veut pas se sentir en sécurité en route vers sa destination? La sécurité parle à tout le monde, et les syndicats le savent bien.

Après deux jours de grève inutiles chez Brussels Airlines (qui ont mis la compagnie à l’arrêt complet pendant 48 heures), nous allons maintenant assister à deux jours de grève, toujours aussi inutiles, chez Ryanair.

S’il vous plaît, arrêtez d’importuner les passagers!”

Luk De Wilde, avation reporter Travel Magazine

 

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