Analyses, Destinations

Lombok: le point sur la situation touristique

L’île de Lombok, voisine de Bali, a été dévastée par de puissants séismes les 29 juillet et 5 août dernier. Et la nature n’avait pas fini de faire parler d’elle: dimanche dernier, ce sont plusieurs nouveaux tremblements de terre qui sont venus secouer la région, faisant encore grimper le nombre de victimes qui dépassait déjà les 500. Bien que les secousses aient également été ressenties à Bali, aucun dégât majeur n’est à déplorer sur cette île.

Côté touristique, le parc national du mont Rinjani à Lombok avait déjà été fermé au public après le séisme de fin juillet.

Dans un communiqué de presse envoyé lundi, le ministère du Tourisme d’Indonésie reste positif et affirme que le tourisme sur place reste favorable. En effet, aucune alerte tsunami n’a été émise par l’agence indonésienne de météorologie et de géophysique et les aéroports de Lombok et de Bali fonctionnent normalement. Elle conseille toutefois aux touristes de suivre les instructions gouvernementales officielles pour obtenir des mises à jour sur la situation.

L’Indonésie se trouvant sur la ceinture de feu du Pacifique, une zone à forte activité sismique, que faut-il recommander aux voyageurs au vu des derniers événements? Nous avons contacté les principales associations voyagistes de notre pays pour avoir leur avis sur la situation. Quel est notre rôle vis-à-vis du client qui voudrait partir dans la destination sous peu ou qui se trouve sur place? Y a-t-il des conseils à donner, et lesquels? La situation est-elle assez grave pour entraîner des modifications de réservations déjà placées pour cette destination (avec ou sans frais)?

ABTO

Luc Coussement, président: “A la suite des tremblements de terre et des dégâts qu’ils ont causés sur place, nos membres actifs à Lombok ont mis leurs clients en sécurité et éventuellement adapté leur circuit. Et ce, dans la lignée de l’avis du ministère des Affaires étrangères qui conseille de reporter les déplacements non essentiels vers Lombok à court terme. Plus aucun client d’un membre de l’ABTO ne se trouve encore à Lombok actuellement, et cette destination n’est plus proposée jusqu’à la fin de l’été. Les réservations pour les îles Gili et Lombok ont été redirigées vers Bali, ce qui explique la pression sur les lits dans la destination. Certains membres ont également fait savoir que des actions de solidarité avaient vu le jour au sein de leur organisation dans le but d’aider les destinations et les populations touchées pour que la vie y reprenne son cours normal au plus vite.”

UPAV

Fabienne Dumont, vice-présidente: “Question épineuse! J’aurais tendance à dire que c’est un choix très personnel et qu’on sait que le touriste est actuellement très frileux, voire absent (normal!). Cependant, il oublie relativement vite, MAIS il faut tenir compte de l’infrastructure sur place. Que s’y passe-t-il actuellement? Je ne suis pas assez informée sur la situation actuelle. Il est clair que si les infrastructures sont réellement touchées, cela serait contre-productif pour un T.O. d’y envoyer des clients. Par ailleurs, je ne pense pas que beaucoup demandent la destination actuellement. C’est plus une question de bon sens et je ne crois pas que l’UPAV doit intervenir dans ce débat.”

Laurence Pauwels, administratrice et trésorière: “L’Indonésie est une destination compliquée à cause de sa situation sur la ceinture de feu du Pacifique. Quand ce n’est pas un tremblement de terre à Sumatra (qui a engendré cet effroyable tsunami), ce sont les aéroports régionaux qui sont fermés à cause de nuages de cendres. En tant que professionnels, si nous devons tenir compte de cet aspect, en plus des dérèglements climatiques réguliers, il sera difficile de vendre les destinations long-courriers. Il suffit de regarder une carte mondiale des activités sismiques… Souvenons-nous du tremblement de terre en Italie d’août 2016 et ses 300 morts! Vite oublié me semble-t-il… Donc je ne vais pas m’abstenir de vendre Lombok malgré la situation actuelle.”

Denis Pappi, administrateur: “Notre rôle n’est pas de déconseiller une destination. Les autorités compétentes ‘jouent très bien ce rôle’… En revanche, je pense qu’il est de notre devoir d’informer nos membres sur les problèmes que leurs clients pourraient rencontrer sur place suite aux derniers événements.”

Hedy Hafsia, président: “Je partage l’avis de Laurence, on ne peut pas déconseiller cette région suite aux secousses, car dans ce cas malheureusement on devrait déconseiller l’Italie, le Japon, San Francisco et encore d’autres régions du monde!”

Anne-Sophie Snyers, secrétaire générale: “Nous n’avons pas d’autres éléments que ceux fournis par le ministère des Affaires étrangères malgré nos appels. Nous n’avons pas le rôle en tant qu’association de juger de la sécurité d’un pays ou d’un autre. Nous ne pouvons que conseiller à nos membres de se tenir au fait de l’actualité, et sur base des informations formelles récoltées, gérer ses dossiers au mieux pour la sécurité de leurs clients. Nous rappelons que le site https://diplomatie.belgium.be/fr/Services/voyager_a_letranger/conseils_par_destination/indonesie indique les informations officielles disponibles pour tous. Le rôle primaire de l’agent de voyages est de s’informer pour communiquer au mieux avec son client en partance. C’est ce que le client attend de son agent de voyages.

Je rappelle que notre congrès prochain se déroule en Egypte, destination choisie à dessein pour encourager nos membres à ouvrir leurs ventes à une région du monde trop souvent décriées par les médias. Il ne s’agit pas d’une destination ‘à risque’ au niveau sismique, mais dont la réputation de sécurité touristique reste négative, à tort. Et c’est cela aussi, le rôle de l’UPAV.”

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