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Les étendues blanches avec Nordiska

Nordiska, le label scandinave du groupe français Salaün Holidays (présent en Belgique via BT Tours), a un penchant pour les aventures nordiques. Le patron Michel Salaün a invité Travel Magazine pour une excursion en motoneige de Longyearbyen à Barentsburg. ”Gentlemen, start your engines!”

Dans l’océan Arctique, entre la Norvège et le pôle Nord, s’étend un archipel de 62.050 km2 comptant seulement 2.600 habitants. Il se situe précisément à 78 degrés de latitude Nord et à seulement 900 kilomètres du pôle Nord magnétique. Bienvenue au Spitzberg! En fait, cette étendue sauvage est un vaste champ de glace, dont 65% de la surface est en permanence recouverte de glaciers.

L’été, des millions d’oiseaux marins y nichent, et on peut également y voir des rennes, des ours polaires et, avec un peu de chance, apercevoir des renards bleus. C’est un pays où la nature est reine, la région la plus extrême d’Europe. Le Spitzberg est un no man’s land dépendant de la Norvège. L’archipel a été découvert au XIIe siècle par les Norvégiens, mais ce sont les Néerlandais qui ont donné le nom de Spitzberg à la région en 1596. A l’origine, c’était un lieu de pêche à la baleine, mais lorsqu’elles ont presque été éradiquées au XVIIIe siècle, le calme est revenu autour de Svalbard, le nom norvégien du Spitsberg. Après la découverte de charbon en 1910, la Russie et la Norvège ont revendiqué ce bout de terre, mais ce sont encore une fois les Norvégiens qui ont pu brandir leur drapeau sur ces îles. Aujourd’hui, le Spitzberg est économiquement mort. Il reste encore une activité minière limitée, mais la concession va bientôt arriver à terme également. La science et le tourisme ne seront alors plus que les seules activités principales de ce pays deux fois plus grand que la Belgique.

‘Out of space, out of time’, pour le dire dans les vers d’Edgar Allan Poe. Car le Spitzberg est non seulement le lieu habité de façon permanente le plus au Nord au monde, mais aussi la dernière étendue blanche d’Europe. Le Spitzberg est lardé de dangereux fjords et de glaciers à peine explorés, tandis que ses habitants sont des baleiniers ou d’obscurs mineurs russes. C’est sans conteste le coin le plus à part et le plus désolé d’Europe. On y dénombre plus d’ours (3.000) que d’habitants (2.600) et presque autant de scooters des neiges (2.200). Les contrées isolées comme celles-ci regorgent à coup sûr de particularités. Que pensez-vous du réseau routier? Pour une région mesurant deux fois la taille de la Belgique, on compte seulement 48 kilomètres de voies publiques. Les autres déplacements, s’il y en a, se font dès lors par voie fluviale ou en hélicoptère. Voilà pourquoi les rues n’ont pas de nom ici, mais des numéros. Au plus simple, au mieux! Enfin, vous retrouverez ce panneau sur la porte d’entrée de presque tous les lieux officiels: “Take your shoes off and leave your gun at the door.”

L’an dernier, le Spitzberg a accueilli environ 95.000 voyageurs, et ce chiffre ne cesse d’augmenter. Le fait que le tourisme se développe n’a rien d’étonnant. La présence des ours polaires et des grands glaciers, qui sont les premières victimes du réchauffement climatique, attire nombre de touristes qui veulent voir Svalbard comme il l’a toujours été. Ajoutez à cela les groupes grandissants de voyageurs qui viennent observer les décors inimitables de l’arrière-pays et l’accessibilité relativement bonne grâce à des vols de ligne quotidiens, et vous obtenez un cocktail d’exotisme qui parle à de nombreux voyageurs. C’est de plus un lieu proposant une hôtellerie décente et une belle offre d’excursions organisées. En bref, un lieu unique au caractère très exclusif, mais aisément et confortablement accessible.

La dernière étendue blanche d’Europe.

© Gerrit Op de Beeck

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