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Le Kazakhstan – nouvelle terre promise

L’un des plus vastes Etats du monde s’ouvre au tourisme. Territoire très nature, peu peuplé et culturellement fascinant, le Kazakhstan ne manque pas d’atouts et commence à séduire quelques tour-opérateurs belges.

Jusqu’il y a peu, le Kazakhstan n’apparaissait pas sur la carte du tourisme et n’inspirait finalement pas grand-chose. Tout au plus imaginait-on une steppe infinie parcourue de nomades à cheval. Bonne nouvelle: cette destination se révèle particulièrement séduisante, accueillante, très sûre et facile d’accès (vols Turkish Airlines Bruxelles – Almaty via Istanbul) comme l’a démontré un voyage de presse organisé cet automne dans le sud-est du pays, au départ d’Almaty.

“Depuis l’indépendance en 1991, notre économie restait fort dépendante du gaz et du pétrole, a rapidement précisé Gulden Ospanova, directrice du plus important DMC local. Les prix élevés des hôtels et des services, comparables à ceux pratiqués dans les pays du Golfe, éteignaient tout espoir de développer le tourisme. Avec la crise de 2015, la devise a été dévaluée de 100% et les prix ont chuté: voyager au Kazakhstan devenait abordable et quelques réceptifs se sont lancés.” Les voyageurs proviennent encore pour la plupart des pays voisins, mais il y a fort à parier que l’exemption de visa pour les Belges et les ressortissants des pays de l’OCDE (depuis 2017) accélère le mouvement. Petit poucet économique et démographique, le Kazakhstan entend bien changer la donne, et rapidement: son plan stratégique ‘Kazakhstan 2050’ vise ni plus ni moins qu’à positionner le pays parmi les 30 plus développés de la planète d’ici une trentaine d’années. Avec le tourisme parmi les principaux piliers de développement.

Almaty la verte

Jadis capitale du Kazakhstan, l’ancienne Alma-Ata est toujours la ville la plus importante du pays. Si son urbanisme reste en partie marqué par l’ère soviétique, elle se déploie en larges avenues rectilignes parsemées d’espaces verts. C’est aussi l’une des rares métropoles à disposer de sa propre station de ski, sur le Mont Talgar tout proche, où l’on peut s’adonner aux sports d’hiver dès novembre. Pour une vue panoramique de la cité, on prend une autre télécabine menant à Kok-Tobe, à 1.100 mètres d’altitude. Autres points d’intérêt: la cathédrale, l’une des dernières en bois d’Asie centrale, le musée des instruments de musique kazakhs, à la muséographie moderne, la patinoire la plus élevée de la planète ou le bazar vert, un marché couvert traditionnel.

Qui dit grand pays dit longs trajets. Sur un réseau routier heureusement en très bon état. A 240 kilomètres d’Almaty, le parc national de Charyn est une merveille, réputé pour ses formations rocheuses étonnantes, dont certaines ont été découvertes récemment. Le Canyon de la Lune, modelé par les séismes et l’érosion, rappelle certains paysages de l’Ouest américain. L’une de ses composantes, la Vallée des Châteaux, dresse sur trois kilomètres d’immenses tours de sédiments ocre creusés par une rivière. A découvrir au fil d’une randonnée en fond de vallée.

125 nationalités

Autre incontournable: le lac Kaindy, qui se niche à 2.000 mètres d’altitude dans la chaîne des Kungei Alatau. S’y rendre nécessite un 4×4. En bout de piste, une merveille naturelle formée par l’éboulement d’un pan de montagne et l’inondation d’une gorge. Ultime témoin de la forêt de conifères qui poussait ici, une armée de mâts émerge des eaux turquoise. L’endroit est encore très confidentiel, peut-être en raison de l’attrait plus massif pour les lacs Kolsay, un système de trois plans d’eau à quelques kilomètres de la frontière avec le Kirghizistan. Alimentés par les glaciers, ils se jettent l’un dans l’autre, reliés par un sentier de randonnée de 25 km, à parcourir à pied ou, le must, à cheval.

Peuple de cavaliers, les Kazakhs continuent d’élever en semi-liberté des chevaux par troupeaux entiers qui, parfois, traversent la route au galop. A une trentaine de kilomètres d’Almaty, l’ethno village Hun permet (que l’on aime ou pas ce genre de reconstitutions) de mieux connaître les traditions kazakhs, de manger sous la yourte et d’admirer l’adresse de cavaliers hors pair lors d’exercices de voltige ou même de lutte à cheval. Parmi les atouts de la destination, on se doit d’ajouter sa diversité culturelle – 125 peuples composent le pays – et ses nombreuses autres régions naturelles, notamment à l’ouest du pays, vers les mers d’Aral et Caspienne, qui peuvent compléter un séjour: la vallée de Torysh, réputée pour ses étranges formations rocheuses sphériques; la gorge de Samal; le désert de Sauran et ses vestiges archéologiques; ou encore les rivages de la Caspienne, limpides et truffés de formations géologiques étranges de la région de Tulkili.

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