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Karoo – Hors des sentiers battus du Cap-Occidental

Dans la langue des indigènes d’Afrique du Sud, les khoisan, Karoo signifie ‘L’endroit de la Grande Soif’. Le tableau est dressé de ce qu’on peut attendre en mettant le cap à l’Est en sortant du Cap, vers une région qui représente un tiers de l’Afrique du Sud.

Pour les premiers aventuriers, les chasseurs et les voyageurs, le Karoo a toujours été une région difficile d’accès. Les grandes chaleurs, le froid une fois le soleil disparu et la sécheresse (ndlr. entre 50 et 250 mm de précipitations par an), mais également la dangereuse traversée des cols du Grand Rift africain ne rendent pas l’exploration aisée. Pourtant, on trouve beaucoup de nappes phréatiques dans cet ‘outback’, dont l’eau est extraite via des puits et des moulins à vent, rendant ainsi possibles la vie humaine et l’élevage. Les moulins, couplés à la végétation typique et les hauts-plateaux, forment le paysage caractéristique du Karoo.

Ére victorienne

Nous semblons faire un bond dans le passé à Matjiesfontein, notre première halte. En dix minutes à bord d’un ancien bus londonien, vous découvrez les principales attractions de ce village victorien fondé en 1884. On y trouve encore un musée en plein air, un bureau de poste, une banque, une gare, le saloon, le Lord Milner Hotel, une église et seulement 400 habitants qui semblent tous habiter hors du centre historique. Tout ce qu’on peut encore trouver dans les anciennes maisons et les différents musées sont de vieux outils et ustensiles et les âmes de ceux qui y ont un jour vécu.

 

Le 25 janvier 1981, une grande partie de Laingsburg a été emportée dans une grave inondation. Avec le sol sec, les déchets et le pont ferroviaire qui s’est rapidement transformé en barrage, la rivière est rapidement sortie de son lit et a causé de gros dégâts matériels et humains. Le Vloed Museum a été ouvert en souvenir de cet événement. Laingsburg offre par ailleurs la dégustation de la Tannie Poppie’s Roosterkoek. Cette entrepreneuse de 61 ans élabore depuis déjà 22 ans des pains semblables à la ciabatta. Elle raconte avec entrain ses histoires en afrikaans et explique avec fierté qu’elle n’a jamais dû changer ses prix, pour que ses créations restent abordables pour tous.

Vestiges du passé

On retrouve 6 des 19 parcs nationaux d’Afrique du Sud, les SANParks, dans la province du Cap-Occidental. Près de Beaufort-West, ‘la capitale du Karoo’, on retrouve un musée à l’honneur de Christiaan Barnard, le premier chirurgien à réussir une transplantation cardiaque en 1967, de même que le Karoo National Park. Un terrain de jeu idéal pour les lions, caracals, oryx, antilopes, chacals, zèbres, lièvres, cigognes, etc. On retrouve même des vestiges de reptiles, amphibiens et mammifères qui sillonnaient ces terres il y a 220 millions d’années! Le Karoo était à l’époque un lac préhistorique qui, après des éruptions volcaniques il y a quelque 180 millions d’années, est devenu un réservoir à fossiles que le parc se fait une fierté de montrer à ses visiteurs. On peut y séjourner en caravane ou dans un bungalow offrant une superbe vue sur les collines arides alentour.

Après une agréable visite de la Restvale Met Primary School de Nelspoort, son directeur nous emmène découvrir quelques rochers remarquables au nord du village. Durant des travaux routiers, des élèves ont découvert des gravures des peuples San et Khoï. Plusieurs sites répartis sur 5 km² ont entre-temps été découverts, regroupant des dessins rupestres datés entre 12.000 et 30.000 ans. Ils indiquent, avec les outils en pierre retrouvés sur place, le lieu de vie des chasseurs-cueilleurs khoïsans et ensuite des bergers Khoïkhoïs. On y retrouve également les ‘gong rocks’, sortes de pianos primitifs en pierre. Le vaste paysage du Karoo en toile de fond forme par ailleurs un parfait théâtre en plein air!

Grand Karoo, petit Karoo

Nous rebroussons chemin pour passer les derniers jours du séjour dans le Petit ou ‘Kleine Karoo’. La terre des flancs du Swartberg est ici plus riche et permet la culture maraîchère et fruitière, de même que l’élevage bovin et ovin. Prince Albert est une petite ville pleine de vie, comme nous avons pu le découvrir lors de notre passage chez différents artisans: Avoova fabrique de superbes décorations en œuf d’autruche, Karoo Looms utilise la laine de mouton Mohair pour en faire des châles et des couvertures, tandis que le forgeron Kashief Booley de Striking Metal nous a fait montre de son adresse avec le métal. Nous avons encore pu savourer des fromages locaux, du lait et du yaourt liquide produit par Gay’s Guernsey Dairy, les délicieuses olives et les tapenades d’O for Olives sans oublier les vins bio de Fernskloof.

On garde le meilleur pour la fin: une traversée aventureuse du Swartberg Pass, un passage de 27 kilomètres creusé par des prisonniers menant vers ‘Die Top’ à 1.583 mètres d’altitude via plusieurs virages en épingle. Une fois de nouveau en bas, on atteint Oudtshoorn (ndlr. la capitale mondiale des cigognes) et la dernière étape de la route des jardins, à seulement quatre heures du Cap. A bientôt!

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