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Jet Airways: le compte à rebours est lancé

Le temps presse pour sauver Jet Airways d’une déconfiture à présent qu’Etihad Airways a fait part de sa volonté de vendre sa participation de 24% dans la compagnie indienne à la State Bank of India (SBI). Qatar Airways aussi est citée comme repreneur potentiel de la participation. Environ 80 des 119 appareils de Jet Airways sont cloués au sol, et la compagnie éprouve depuis décembre les plus grandes difficultés à payer les salaires de ses pilotes.

 

Naresh Goyal © Jet Airways

Jet Airways fait face à une dette de près de 900 millions d’euros. Les pilotes ne sont pas les seuls à connaître des retards de paiement. Le reste du personnel, les fournisseurs, les sociétés de leasing, etc. attendent eux aussi leur argent. Les prochains jours seront déterminants pour la pérennité de la compagnie aérienne jadis décrite comme la plus prometteuse d’Asie du Sud.

Les regards se tournent principalement vers Naresh Goyal, actionnaire principal de Jet Airways avec 51%. L’homme d’affaires obstiné est-il prêt à se départir de sa participation majoritaire pour sauver le navire du naufrage?

Etihad Airways

Il a déjà dû vendre 24% de ses actions à Etihad Airways en 2013 pour redresser la situation financière de son entreprise. Toutefois, le transporteur d’Abu Dhabi se trouve lui-même dans une piètre situation financière, avec des pertes cumulées de plus de sept milliards d’euros au cours des trois derniers exercices.

Etihad pose comme condition que Naresh Goyal quitte le navire pour apporter de l’argent frais sur le pont. Tel est également le souhait du Groupe Tata, un conglomérat industriel indien propriétaire à 51% de Tata SIA Airlines Limited depuis 2015 aux côtés de Singapore Airlines, opérant sous la dénomination Vistara, une compagnie domestique indienne comptant 21 appareils. Au travers d’une reprise éventuelle de Jet Airways, Vistara peut accélérer ses plans de développement.

La clé se trouve peut-être dans la banque d’Etat indienne, invitée par le gouvernement à éponger la dette de Jet Airways en échange d’actions.

© Jet Airways

Un énième plan de sauvetage?

Selon certaines rumeurs, Naresh Goyal serait disposé à ramener sa participation à 22% dans un tel scénario. A l’approche des élections en Inde, personne ne s’attend toutefois à une faillite de Jet Airways et de ses 23.000 collaborateurs.

Nous saurons clairement au cours des prochains jours et des prochaines heures si un plan de sauvetage peut éviter la faillite de Jet Airways. Mais pour attirer de nouveaux investissements, Naresh Goyal devra tout d’abord s’effacer. Selon quelques initiés, cela ne fait presque plus aucun doute.

Et en l’absence d’accord avec les banques, une faillite semble la seule solution.

Qatar Airways

Il apparaît néanmoins peu probable que Qatar Airways lancera à ce stade avancé une bouée de sauvetage à Jet Airways à la lumière des tensions géopolitiques en Asie orientale et de l’incertitude quant à l’octroi de droits du trafic supplémentaires au pays.

Akbar Al Baker, CEO de Qatar Airways, a néanmoins laissé entendre mardi que sa compagnie était sur le point de prendre une participation dans une autre compagnie aérienne.

Laquelle? La question reste ouverte. Le fait que la compagnie arabe soit disposée à sortir l’enfant terrible d’Etihad et Goyal de l’ornière ne correspond quoi qu’il en soit pas avec sa vision professionnelle et souvent novatrice de l’aviation internationale.

Jet Airways vole au départ de Delhi, Mumbai, Bangalore, Chennai et Toronto à destination d’Amsterdam Schiphol, London Heathrow, Manchester et Paris-Charles de Gaulle.

En mars 2016, la compagnie a transféré son hub européen de Brussels Airport à Amsterdam Schiphol, d’où sont programmés depuis lors les vols intercontinentaux en partage de codes avec KLM et Delta Air Lines.

 

Luk De Wilde

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