Analyses

IPW 2019: Travel = Trade

Cela faisait 12 ans que le salon international du tourisme aux Etats-Unis, l’IPW, n’avait plus fait escale à Anaheim en Californie. La ville est bien connue pour son Disneyland Resort, mais c’est bien l’Anaheim Convention Center qui a servi de décor aux quelque 100.000 réunions entre les 6.200 délégués issus de 70 pays. L’organisation de l’IPW a encore une fois proposé un mélange parfait entre travail et délassement dans ‘The Happiest Place on Earth’.

Le tourisme, ce produit d’export crucial

Même si le nombre de visites aux Etats-Unis a à nouveau augmenté de 3,5% en 2018, la croissance reste moins importante que celle du marché long-courrier global (+7%). Cela signifie que les Etats-Unis rencontrent moins de réussite que les destinations concurrentes pour attirer des visiteurs internationaux. L’année dernière, Roger Dow, président et ceo de l’U.S. Travel Association apportait exactement le même message.

“A Washington, la majorité des débats tournent autour de deux priorités: le commerce et la sécurité. Les voyages sont du commerce et les voyages relèvent de la sécurité. C’est porteur de ce message que U.S. Travel interpelle systématiquement le Congrès, la Maison Blanche et le reste des instances exécutives. Ce message a entre-temps trouvé une oreille attentive et nous travaillons sur de nouveaux projets pour faire des Etats-Unis la destination touristique la plus sûre et la plus populaire au monde”, indique sa collègue Tori Barnes, executive vice president of public affairs and policy. “Beaucoup de gens ne voient pas les voyages comme un produit d’export, mais lorsqu’un visiteur international vient aux Etats-Unis et qu’il séjourne à l’hôtel, qu’il prend le train, qu’il mange au restaurant ou qu’il achète quelque chose en magasin, cela relève de l’export, même si la transaction se fait sur le sol américain. En 2018, les visiteurs internationaux ont dépensé – en d’autres termes, les Etats-Unis ont exporté pour – 256 milliards de dollars. Et malgré que le déficit commercial américain affichait un montant record de 622 milliards de dollars l’an dernier, l’industrie touristique a généré un surplus de 69 milliards de dollars!”

“Nous avons bien avancé dans notre lobbying auprès du gouvernement actuel pour le convaincre de l’importance des voyages en tant que produit d’export crucial”, ajoutait encore Roger Dow. “Nous estimons que notre président ne mentionne pas assez qu’il désire attirer de nombreux touristes aux Etats-Unis, mais nous observons certainement une progression dans la politique pour promouvoir une meilleure fréquentation étrangère.”

L’élément le plus important reste la refonte de Brand USA – la DMO ou organisation marketing responsable de la destination Etats-Unis. Cet organe privé et public est reconduit tous les cinq ans par le parlement américain. Créé dans le cadre du Travel Promotion Act de 2009/2010 et fondé en mai 2011, Brand USA a ouvert ses premiers bureaux transatlantiques à Londres et Berlin en 2012. Initialement à 89, ils sont aujourd’hui 982 partenaires à travailler avec l’organisation pour organiser les initiatives marketing dans plus de 40 marchés internationaux. “Même si le mandat actuel de Brand USA ne prendra fin qu’en septembre 2020, nous cherchons quand même à obtenir les signatures nécessaires au Congrès. La DMO assure la promotion de l’intégralité du territoire, un immense marché touristique pour le reste du monde.”

Marketing et éducation

Après quelques lancements l’an dernier et quelques développements de différentes plateformes (GoUSA TV, Hear The Music, Ask A Local et deux films IMAX), Brand USA a lancé cette année la campagne United Stories, une plateforme digitale reprenant du contenu présenté par des locaux. Car “une fois que vous savez ce que les locaux savent, vous pouvez vraiment découvrir ce qui anime la communauté”, explique Chris Thompson, ceo de Brand USA. Le concept a été lancé à Belle Fourche, dans le Sud Dakota, le centre géographique des Etats-Unis lorsqu’on inclut Hawaï et l’Alaska. Par le biais de laboratoires mobiles de création de contenu, intégrés dans des véhicules aisément identifiables, ils essaient de lancer chaque mois deux nouvelles vidéos locales à suivre sur différentes plateformes avec le #UnitedStories.

Un troisième film IMAX est en production et devrait sortir en février 2020. Il évolue actuellement sous le titre de travail ‘Into America’s Wild’. Afin d’informer et prêter assistance au secteur des voyages, le programme d’e-learning USA Discovery Program a été lancé. Quelque 30.000 agents de voyages de sept pays y participent actuellement. Les ‘inspiration guides’ très complets, édités en 13 langues et distribués dans 21 marchés, sont également un outil pratique pour les professionnels du voyage indiquant les itinéraires conseillés dans chaque Etat. Pour plus d’informations, vous pouvez évidemment consulter le site agent de Brand USA.

Dernière nouveauté, l’organisation de la Brand USA Travel Week. Celle-ci se déroulera à Londres du 9 au 13 septembre et formera un lieu de rassemblement pour les destinations américaines et les grands acheteurs d’Europe.

Un vent nouveau souffle chez Visit USA Belgium

La Belgique a à nouveau pu montrer des chiffres positifs en tant que marché émetteur pour le pays de l’Oncle Sam. Avec 294.221 voyageurs, elle enregistre une amélioration de 5,8% par rapport à 2017. Visit USA Belgium, l’ASBL qui assure la promotion des Etats-Unis en tant que destination touristique et d’affaires, continue de travailler à l’amélioration de ces chiffres tout en se présentant de manière plus forte à des partenaires potentiels. Durant le dernier workshop de Visit USA en décembre 2018, un nouveau comité d’administration a été élu. Le président Gérald Ponsard et la vice-présidente Elke De Winne souhaitent montrer les zones inexplorées des Etats-Unis aux voyageurs, soutenus par des membres jeunes et le reste du CA.

Gérald Ponsard, product manager Del-Tour: “J’ai un très bon sentiment au retour du salon, avec de bons rendez-vous pour Del-Tour comme pour Visit USA. Certains de ces rendez-vous étaient purement pour entretenir nos relations avec des partenaires existants, mais d’autres ont servi pour la prospection. L’idée d’un renouveau pour Visit USA a germé après plusieurs discussions et entretiens avec d’autres membres, mais également par le biais de notre bonne entente avec notre pendant français. Nous voulons nous profiler sous une nouvelle identité. C’est pourquoi nous avons lancé notre nouveau logo et acheté un nouveau nom de domaine pour notre site web. Je me sens soutenu par le comité d’administration, et les idées constructives foisonnent.

Nous avons été agréablement surpris par le nombre de partenaires étrangers présents à la réception belge dans l’hôtel de notre délégation, le Marriott Anaheim. Cela nous ouvre les yeux et augure de bonnes perspectives pour le nouveau Workshop Visit USA qui se tiendra le 19 septembre.

Nous essayons de promouvoir les Etats-Unis encore davantage en attirant des sales missions et en augmentant le nombre d’exposants lors de notre workshop. Pour ce faire, nous allons renforcer notre présence et choisir nos dates en fonction de celles des workshops organisés aux Pays-Bas. Avec le volume de voyageurs que nous avons envoyé aux Etats-Unis en 2018, nous sommes arrivés en 31e position des marchés émetteurs. C’est encore une fois une petite progression par rapport à l’an dernier. Le premier trimestre de 2019 est moins bon. Nous attribuons cette tendance en partie à l’actualité, même si nous attendons un afflux de last-minutes qui devrait, globalement, faire en sorte que 2019 sera aussi une belle année.”

Elke De Winne, general manager USA Travel Consultants: “Je voulais absolument que notre nouveau site Internet soit prêt avant le début de l’IPW. Cela a demandé beaucoup de travail. Ce site nous aide à nous présenter de façon professionnelle, à mettre Visit USA sur la carte et à montrer aux membres potentiels qu’ils ont besoin de nous. Nous voulons attirer et garder nos partenaires! C’était mon premier IPW, je n’ai donc pas vraiment de point de comparaison, mais j’ai eu le sentiment que pour de nombreux rendez-vous, les accords pour USA Travel étaient directement conclus. J’ai aussi noté que les Convention et Visitor Bureau (CVB) avaient déjà eu vent de nos évolutions au sein de Visit USA. Ils étaient intéressés par nos projets et les possibilités de nous rejoindre en tant que membres. J’ai ressenti un vrai lien de confiance. C’est le moment ou jamais pour Visit USA. Avec notre nouveau logo et le lancement du nouveau site web, la machine est lancée. Nous allons maintenant déterminer le rôle de chacun au sein du comité d’administration pour nous permettre de nous développer.”

Réactions du ‘front de l’Est’

Jean-Christophe Michel, assistant manager Ornella Travel: “Pour moi, l’IPW est un salon très professionnel, très rôdé. C’est un peu la grosse machine à l’américaine à tous les points de vue. Des rencontres généralement très productives, mais parfois (rarement, mais il y en a) des rendez-vous un peu décevants, car ils ne correspondent pas toujours à mes attentes. La délégation belge était impeccable et efficace. Un plus pour Visit USA, qui essaie de se repositionner sur le marché.”

Renaud Defossé, spécialiste USA-Canada BT Tours: “Ce fut un Pow Wow très productif en termes de business. Entretenir les relations avec les fournisseurs et producteurs est primordial pour une collaboration saine et progressive! Les rencontres et discussions avec les collègues belges sont aussi importantes dans le cadre du Visit USA Belgium qui se relance! Mais comme d’habitude les soirées et animations resteront les points forts de cet évènement, avec cette année une découverte magique du superbe univers Star Wars de Disneyland! Vivement Las Vegas!”

Pieter Demuynck, gérant Penta Reizen & président de Selectair: “Pour moi, l’IPW était à nouveau une magnifique édition. Je rentre en Belgique avec beaucoup de nouveautés pour différentes villes et attractions et j’ai pu établir des contacts intéressants – pas seulement aux Etats-Unis – mais partout dans le monde. Par le développement des activités de tour-opérateur de Selectair Penta Reizen, j’essaie de plus en plus souvent de lier mes clients à des contacts directs. C’est financièrement intéressant. Une grande promenade s’étend devant l’Anaheim Convention Center, et l’organisation l’avait parfaitement aménagée pour en faire la California Plaza. Celle-ci était le lieu idéal pour faire du networking après la fermeture des portes ou se retrouver avec les fournisseurs, sous le beau ciel californien.”

Par Yannick Melsen, Staff Reporter Travel Magazine

Une partie de la délégation belge lors de la réception au Marriott Anaheim. Bruno Loockx (reisreporter.be), Danny Dumon (Ambassade américaine en Belgique), Lucrese Vanneste (Wings ’n Wheels), Pieter Demuynck (Selectair Penta Reizen), Elke De Winne (USA Travel), Ruben Gryson (Travel Experts), Patricia Schaumans (Exclusive Destinations) et Gérald Ponsard (Del-Tour).

Comments