Analyses, Inflight Report

Inflight report: Air Tahiti Nui

Air Tahiti Nui

Compagnie: Air Tahiti Nui
Route: Paris-Los Angeles-Papeete (A/R)
Appareil: Airbus 340-300
Classe de voyage: economy
Date: juin 2018

Contexte

Air Tahiti Nui est une compagnie aérienne française fondée en 1996 dans le but de développer et de stimuler le tourisme en Polynésie française. Sa base se situe à l’aéroport de Tahiti-Faa’a à Papeete. Avec 84% des parts, le gouvernement de la Polynésie française représente l’actionnaire principal; le reste étant aux mains d’investisseurs locaux. La compagnie a commencé ses vols commerciaux en novembre 1998 et fête donc ses 20 ans cette année. Sa flotte se compose actuellement de cinq Airbus 340-300, bientôt remplacés par quatre Boeing 787-9. La compagnie assure des liaisons avec Paris (sept vols par semaine via LAX, d’une durée totale de 22 heures), Los Angeles, Tokyo, Auckland et Sydney. En 2016, Air Tahiti totalisait 18.896 heures de vol, 480.085 passagers et 9.005 tonnes de fret pour un total de 784 travailleurs, dont 398 membres du personnel volant.

Enregistrement

A Paris, le comptoir d’enregistrement se situe au terminal 2 de Charles de Gaulle. Il est conseillé de s’y présenter trois heures à l’avance. Les formalités se sont déroulées rapidement malgré un hall des départs très chargé. On vérifie à plusieurs reprises si les passagers disposent bien de leur formulaire ESTA pour les Etats-Unis. Un comptoir spécifique est réservé aux passagers de la classe Poerava Business.

L’aéroport de Papeete est substantiellement plus petit, mais le nombre de comptoirs ouverts est suffisant pour que l’embarquement se déroule rapidement. Ici, pas de ponts d’embarquement, on prend les escaliers.

Classes

Air Tahiti Nui propose deux classes de voyage. En Poerava Business, 32 larges sièges en configuration 2-2-2 offrant à chaque passager un accès au couloir. Les sièges affichent un pitch de 150 centimètres. La classe Moana Economy comprend 264 sièges en configuration 2-4-2 et un pitch de 85 centimètres. Chaque passager dispose d’un système audio et vidéo individuel. L’offre vidéo se compose de 25 films récents et 24 programmes télévisés. Nous avons trouvé particulièrement intéressants les documentaires qui vous plongent directement dans l’ambiance de Tahiti. L’offre audio est plus limitée.

Pour chaque vol, un kit composé de bouchons d’oreilles, d’un masque de nuit et de chaussettes est mis à votre disposition. Couverture et coussin vous attendent sur votre siège. L’assise est très bonne et le soutien dorsal également. Les couleurs de la cabine, vert clair et blanc, soufflent un vent de fraîcheur, reflétant la beauté de la nature et des lagons polynésiens.

Catering

Vous ne mourrez pas de faim à bord d’Air Tahiti Nui. Les repas sont complets, et vous avez toujours le choix entre deux plats, même au petit déjeuner. La cuisine internationale est teintée d’une touche locale. Toutes les boissons sont comprises. L’offre est large, tant pour les rafraîchissements que les boissons alcoolisées. On vous propose de l’eau à intervalles réguliers, et des robinets vous attendent dans la cuisine si vous avez encore soif.

Service

Le personnel de cabine – vêtu de beaux uniformes dans différents styles et couleurs typiques de la Polynésie et avec une fleur derrière l’oreille – se montre sympathique et serviable.

Le vol

L’A340-300 a besoin de 11 heures pour relier Paris à Los Angeles et de 8h15 supplémentaires pour rejoindre Papeete. Les vols aller et retour se sont déroulés sans encombre et avec particulièrement peu de turbulence. A LAX, une escale de plus de trois heures est nécessaire pour que tout le monde passe par les services de migration américains et toute leur paperasse administrative. Une procédure chronophage en dépit d’un système de contrôle automatisé. Les valises, elles, restent dans l’avion.

Bagage

Vous pouvez emporter 23 kilos de bagage en economy. Les plongeurs, surfeurs et joueurs de golf peuvent embarquer gratuitement jusqu’à 23 kilos supplémentaires. La gestion des bagages se déroule rapidement à Papeete. De retour à Paris, la procédure a duré un peu plus longtemps, car l’appareil ne pouvait pas s’arrêter à une passerelle et a dû se parquer plus loin.

Notre avis

Le chemin est long jusqu’en Polynésie française, mais Air Tahiti Nui le rend le plus agréable possible. Le service est bon et les repas aussi. Le confort en economy est raisonnable, même si on remarque après quelques heures de vol que les appareils ne sont plus tout jeunes. Mais le changement ne se fera plus attendre très longtemps!

“Le confort est essentiel”

Air Tahiti Nui reste le transporteur le plus important pour la Polynésie française, avec environ 70% des arrivées internationales à Papeete. La compagnie ne veut pas fêter ses 20 ans seulement en lançant un nouveau design, une solide campagne de promotion en Europe et un programme spécial pour les T.O., mais aussi en accueillant quatre Boeing 787-900 qui remplaceront les vieux A340-300 entre octobre 2018 et fin 2019. Le premier Dreamliner sera mis en service en octobre sur la route d’Auckland, suivi par Paris le 21 mars 2019. La compagnie se prépare ainsi à l’avenir.

Mathieu Bechonnet, managing director d’Air Tahiti Nui, nous a exposé sa vision dans une entrevue exclusive. “Les changements vont si vite dans l’aérien qu’il faut constamment anticiper”, explique-t-il. “La concurrence – des low cost, entre autres – s’intensifie, les normes environnementales sont plus strictes, et les attentes des passages évoluent. Nous voulons être prêts à apporter une réponse adéquate dans tous ces domaines. Le confort du client reste central. Nous introduirons d’ailleurs trois classes au lieu de deux. Le Dreamliner compte 294 sièges, dont 30 en business (configuration 2-2-2), 32 dans la nouvelle classe Moana Premium (configuration 2-3-2) et 232 en Moana Economy (configuration 3-3-3). Les sièges sont ergonomiques, avec un soutien supplémentaire dans le dos et une plus grande inclinaison. Les pitchs sont de 80 centimètres en economy, 95 en premium et 150 en business avec des sièges qui peuvent s’abaisser à l’horizontale. La configuration de sept sièges en premium permet un plus grand dégagement au niveau des bras. Dans le même temps, nous introduirons un tout nouveau système de divertissement, le Panasonic eX3, avec un écran de 40 centimètres en business, 33 en premium et 30 en economy. Nous élargissons notre offre de films, programmes TV et audio en mettant l’accent sur les nouvelles sorties. Nous préférons proposer un peu moins de films, mais plus récents, qu’une large offre de ‘vieux’ classiques. Nous sommes également fiers de nos documentaires, produits par des locaux, qui donnent déjà un aperçu de la beauté de nos îles pendant le vol. Evidemment, notre service et catering resteront au même niveau. Le tout sera à nouveau ‘emballé’ dans un design tout frais de couleurs pastel accompagné de nouveaux uniformes pour le personnel de bord.”

A notre question de savoir pourquoi opter pour le Boeing américain plutôt que l’Airbus européen, Mathieu Bechonnet a répondu sans détour: “Lors d’un investissement de cette envergure, les émotions n’entrent pas en ligne de compte. Nous avons considéré trois critères importants: la taille de notre marché, les distances et la configuration. Notre marché nécessite davantage de fréquences avec de plus petits appareils plutôt que moins de vols avec de plus gros appareils. Le Dreamliner répond également à nos souhaits en termes de confort. C’est un appareil très silencieux qui nous permet de gagner du temps de vol sur toutes nos routes et consomme 25% de carburant en moins.”

La concurrence des compagnies low cost reste un point noir, mais Mathieu Bechonnet ne veut pas en faire une obsession. “Elles existent, nous ne devons pas l’oublier, mais elles se basent sur un autre business model. Nous ne lâchons rien en matière de confort et de service. Les repas, boissons et bagages seront toujours gratuits. Ce qui ne veut pas dire que nous ne devrons pas être plus flexibles dans notre politique de prix. Par exemple, je n’exclus pas que les passagers voyageant seulement avec un bagage à main puissent recevoir un avantage. Nous pourrons également garder des prix compétitifs grâce à notre moindre consommation de carburant. Selon notre philosophie, les vacances commencent au moment où vous montez dans l’avion. Cela exige une certaine infrastructure et a un prix. Nous sommes convaincus que nos clients nous rejoindront sur ce point.”

Rob Jans, Senior Reporter Travel Magazine

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