Analyses

Indaba: doubler le nombre de touristes d’ici 2030

Senior Reporter Luc Weyens

Ces cinq prochaines années, l’Afrique du Sud investira 100 milliards de dollars dans le développement du tourisme. C’est ce qu’a annoncé le président sud-africain Cyril Ramaphosa lors de l’Africa’s Travel Indaba, le salon touristique international qui s’est tenu du 2 au 4 mai à Durban autour du thème ‘African Stories’. D’ici 2030, l’Afrique du Sud entend doubler le nombre d’arrivées internationales sur son territoire, pour un objectif de 21 millions.

Derek Hanekom, le ministre sud-africain du Tourisme, a fait une évaluation positive de ce salon: “Ce fut la plus grande et la meilleure édition. Elle a rassemblé 1.000 exposants venus de 80 pays et attiré plus de 7.000 professionnels du tourisme.”

25 années de croissance touristique

Derek Hanekom, ministre du Tourisme en Afrique du Sud.

L’Indaba était le moment idéal pour tirer le bilan de l’évolution du tourisme sur le continent africain, et en Afrique du Sud en particulier, 25 ans après la fin de l’apartheid. En 2018, l’Afrique a enregistré 67 millions d’arrivées internationales (+7% ou 14 millions par rapport à 2017). L’Ethiopie et le Kenya ont enregistré la plus forte croissance. L’an dernier, l’Afrique du Sud a attiré 10,5 millions de visiteurs étrangers, trois fois plus qu’en 1994. Ce chiffre représente 18% de la population totale du pays (57 millions). Ce sont des chiffres positifs, mais il y a encore moyen de faire mieux. La France, par exemple, a attiré 90 millions de visiteurs l’an dernier, soit 134% de sa population. L’Afrique du Sud vise donc à doubler son nombre de visiteurs internationaux d’ici 2030, pour atteindre la barre des 21 millions.

D’un point de vue financier aussi, le tourisme en Afrique du Sud représente un gros potentiel. Ce domaine représente actuellement 2,8% du produit national brut (PNB). Le secteur touristique est donc une des composantes les plus importantes du PNB, mais ce chiffre est encore loin des 11% de pays comme l’Egypte et l’île Maurice. Cependant, le nombre de ‘repeaters’ laisse une raison d’espérer. En effet, des 10,5 millions de visiteurs internationaux en 2018, 82% étaient déjà venus en Afrique du Sud. Et parmi les 2,7 millions de visiteurs non africains, on parle de 43% de repeaters.

Voyageurs belges

Cyril Ramaphosa, président d’Afrique du Sud.

Notre pays apporte également sa pierre à l’édifice. Le nombre d’arrivées belges en Afrique du Sud ne fait que croître depuis 2012. S’ils étaient 34.901 visiteurs à l’époque, ils étaient 57.232 à visiter le pays l’année dernière. Seule l’année 2015 a connu une légère baisse de 1,81%.

Après la victoire de l’ANC, le parti de Cyril Ramaphosa, lors des dernières élections, le président devrait être reconduit pour un nouveau mandat de cinq ans. A l’Indaba, il a déjà annoncé ses ambitions en matière touristique: “Nous voulons investir 100 milliards (ndlr. de rands) dans le tourisme ces prochaines années. Ce secteur stimule la croissance économique. Il crée des emplois et améliore ainsi notre vie au quotidien.” Pourtant, le pays va devoir faire face à bon nombre de défis pour son développement touristique, comme l’amélioration de la sécurité. Cyril Ramaphosa: “Nous devons mettre un terme à l’insécurité qui règne dans certains quartiers des grandes villes.”

Le continent africain comme marque commerciale

Pour le développement de son tourisme, l’Afrique du Sud voit plus loin que ses propres frontières. “Nous devons faire du continent africain une marque commerciale. L’Afrique abrite par exemple pas moins de 135 sites inscrits comme patrimoine mondial. Pensez aussi aux nombreux parcs naturels. L’Afrique est un exemple à suivre en termes de tourisme durable. Ce secteur est une véritable mine d’or.”

En matière de parcs naturels, l’Afrique du Sud se distingue particulièrement. Le pays a d’ailleurs été couronné d’un ‘Safari Award’ lors de l’Indaba. Une récompense remise pour la combinaison unique de safaris terrestres et aquatiques. En effet, le long des 3.000 kilomètres de côte de l’Afrique du Sud, les touristes peuvent observer des baleines, des requins blancs, la plus grande colonie de dauphins au monde et des tortues marines qui viennent pondre sur la plage.

Pour développer son tourisme, l’Afrique du Sud mise sur la technologie moderne. Le pays a ainsi levé le voile sur le système d’information NTVIS (National Tourism Visitor Information System) annoncé l’année dernière. Ce projet a été baptisé Jurni, qui sonne comme ‘journey’. Derek Hanekom, le ministre du Tourisme: “Le premier volet se compose d’un système de données en ligne qui permet de dresser un tableau global du secteur touristique. Il répond à des questions comme les suivantes: Qui sont les touristes? Que font-ils? Quelles destinations visitent-ils? Comment voyagent-ils? Etc. Le deuxième volet quant à lui est une application destinée aux voyageurs, qui peuvent ainsi facilement consulter des informations sur leur voyage, leur destination, les hôtels, les restaurants…”

 

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