Analyses

Impressions de Berlin sans l’ITB

La semaine dernière devait normalement se tenir la 53e édition du plus grand salon du tourisme au monde, dans les palais du Messe Berlin. Mais suite à une décision des autorités politiques allemandes, et des jours de négociations avec les organisateurs et les autorités locales, sans parler des obligations administratives irréalisables concernant le coronavirus imposées aux 150.000 visiteurs du salon. Il a donc été décidé d’annuler l’ITB au soir du 28 février, quatre jours avant l’ouverture du salon.

Par Robrecht Willaert, rédacteur en chef Travel Magazine

Le week-end de l’annulation, des milliers de collaborateurs des exposants étaient déjà présents à Berlin pour le montage et les préparations du salon. Et ne parlons pas des directeurs, managers, représentants de DMC, chaînes d’hôtel, offices de tourisme, compagnies aériennes, organisateurs de voyages qui étaient déjà en route vers Berlin pour tout préparer jusque dans les moindres détails, comme chaque année. Enfin, le pire des signaux pour le consommateur a été donné par le politique à l’industrie touristique. La semaine dernière, quelques centaines de personnes ont malgré tout fait le déplacement à Berlin, car leurs billets d’avion et nuitées d’hôtels n’étaient pas remboursés.  Ils en ont alors profité pour découvrir Berlin en tant que métropole européenne, ou pour organiser de petites réunions ou workshops improvisés tels que le Mini Africa Market au Prenzlauer Berg sur le campus de l’école de langues GLS.

Visiteur remarqué sur ce ‘mini salon’, Yves Coppens, de Woni Safaris, Copco Travel et Travel XL, accompagné par la fille de son DMC au Kenya. “J’ai quand même passé quatre jours à Berlin, comme prévu”, explique Yves, “pour mettre les choses au clair lors de cet atelier Afrique improvisé concernant l’actualité des derniers mois. Au final, quelque 35 exposants du Kenya, de Tanzanie et d’Afrique du Sud étaient présents.”

D’autres professionnels du voyage belges étaient également à Berlin la semaine dernière, dont Zuid-Afrika’s Reiscenter, Proflight, Essential Greece, la Brussels Hotels Association, même si ce n’était que pour apprendre à mieux connaître Berlin en tant que destination touristique.

Il est évident que TUI, le plus grand groupe voyagiste d’Europe, hormis son siège près de la porte de Brandebourg, a également accueilli plusieurs professionnels et ministres (notamment la ministre du Tourisme des îles Canaries Yaiza Castilla Herrera) pour discuter notamment des conséquences de la problématique du Covid-19.

Travel Magazine avait également fait le déplacement pour une journée. Décollage jeudi matin à bord d’un vol bien rempli de Brussels Airlines à destination de Tegel. L’aéroport sympathique, mais vieillissant et toujours bondé en temps normal, était presque vide. Dehors, les chauffeurs de taxi désoeuvrés attendaient encore les dizaines de milliers de professionnels du voyage qui ne sont finalement jamais venus. Le trafic à Berlin, même dans le centre, n’a jamais été aussi fluide tandis que les grands hôtels comme le Steigenberger am Kanzleramt (près de la gare centrale), le RIU Plaza, le Melia, le Swisshotel, etc. étaient presque vides. En effet, près de 200.000 visiteurs en trois ou quatre jours qui ne se présentent pas, cela se ressent immédiatement pour les hôtels, les restaurants et les commerces.

Image la plus marquante, mais néanmoins photogénique, les environs des terrains de l’ICC avec l’entrée historique du Messe Berlin qui a pour toile de fond la Funkturm. Les nombreux mâts à drapeaux normalement décorés par des drapeaux du monde entier donnant un cachet festif à l’architecture de béton étaient nus cette année. Une image qu’on n’oubliera pas.

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