Analyses

Icelandair: une offre améliorée pour combattre la crise

Luc De Smet, senior reporter

Icelandair veut entrer dans la bataille des vols transatlantiques et faire du profit en s’armant d’une nouvelle flotte et de liaisons plus flexibles. La compagnie aérienne islandaise se positionne depuis plusieurs années déjà comme une bonne option pour rejoindre l’autre côté de l’Atlantique. Reykjavik se situe à mi-chemin entre les deux, ce qui en fait un hub idéal entre l’Europe et l’Amérique.

Des chiffres dans le rouge

Icelandair relie 23 destinations européennes à 21 destinations nord-américaines et augmente ainsi les possibilités sur cette route. La compagnie a entamé l’année 2019 de façon ambitieuse, car il faut dire que l’année dernière n’a pas ravi ses actionnaires. Son chiffre d’affaires a beau avoir grimpé d’environ 7%, Icelandair a enregistré en 2018 une perte de 55,6 millions de dollars alors qu’elle avait engrangé des bénéfices s’élevant à 37,5 millions en 2017 (déjà la moitié de l’année précédente). Le lancement de nouvelles destinations ainsi le prix du carburant et la hausse du prix des contrats de location n’ont pas joué en la faveur des Islandais. Icelandair entend donc rénover sa flotte plus rapidement et compte pour ce faire sur la nouvelle génération de B737 MAX8 et MAX9. Ils arriveront bientôt, mais pendant le Mid-Atlantic Tradeshow, Gunnar Már Sigurfinnsson (cco sales & marketing) n’a pas pu cacher son mécontentement de voir ces appareils livrés en retard. L’objectif est de voir la flotte entièrement renouvelée d’ici 2021 pour pouvoir retourner sur la route du profit.

Des vols supplémentaires

“Nous devons réagir de manière plus souple sur le marché”, déclarait Bogi Nils Bogason (ceo d’Icelandair) lors d’un déjeuner en marge du Mid-Atlantic Tradeshow. “Le futur est à nous.” Sa compagnie aérienne souhaite renforcer sa position et répartir la pression sur Keflavik International Airport. Cela fait déjà des années qu’Icelandair connecte des vols arrivant et sortant pour créer un hub intéressant au-dessus de l’Atlantique. Une ‘banque de vols’ supplémentaire a fait son apparition, permettant aux passagers américains arrivant à 9h30 de continuer leur voyage une heure plus tard tandis que les Européens qui arrivent vers 19h peuvent également continuer leur traversée vers l’Amérique dans l’heure. Icelandair veut travailler de manière plus flexible: davantage de destinations et moins de nuits passées par ses appareils dans les aéroports nord-américains. A Bruxelles, dix vols par semaine pour Reykjavik sont prévus à partir du 15 mai.

Simulateur de vol d’un B757.

Rien n’arrête Icelandair

Icelandair a 80 ans d’expérience dans les vols proches du cercle polaire. Son aéroport est adapté aux décollages et aux atterrissages dans des conditions météo difficiles. Icelandair affirme dès lors que rien ne l’arrête, car ses pilotes sont habitués à l’île et à sa météo capricieuse. La compagnie investit beaucoup dans son personnel, une dépense nécessaire, car dans un pays qui compte à peine 340.000 habitants, il n’y a jamais trop de travailleurs. Depuis peu, un tout nouveau Icelandair Training Center a pris ses quartiers à mi-chemin entre l’aéroport et la capitale. Une économie en soi – car les formations (chères) dans des centres étrangers ont tendance à disparaître – et aussi une demande du personnel qui n’était pas favorable à ces formations continues à l’étranger. Par la force des choses, Icelandair attire aussi des pilotes étrangers.

Stopover

Le stopover est un des ingrédients du succès d’Icelandair, lequel permet d’interrompre son voyage gratuitement jusqu’à sept jours (selon le billet). Une période suffisante pour une découverte de cette île volcanique. L’Islande a la cote actuellement, et Icelandair entend bien que cette tendance dure le plus longtemps possible. La compagnie s’arme de flexibilité et d’expérience. Elle croit d’ailleurs fermement au potentiel de son île comme destination quatre saisons et comme hub entre l’Europe et l’Amérique du Nord.

 

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