Analyses, Newsflash

Hallo Eurowings/Lufthansa. Was ist los?

Des soucis du côté de la direction du Groupe Lufthansa. La compagnie aérienne allemande fait face à un changement au niveau du management, conséquence possible d’une différence de vision relative à la problématique Eurowings. Le différend peut-il faire le jeu de Brussels Airlines, revendue en 2009 et début 2017 au Groupe Lufthansa? La question reste ouverte. Lufthansa souhaite intégrer Brussels Airlines dans sa filiale à bas coût Eurowings, mais c’est précisément là que le moteur a des ratés. 

À l’origine des tensions, le départ possible du directeur financier de Lufthansa, Ulrik Svensson (57 ans). Selon le périodique allemand respecté ‘Manager Magazin’, le Suédois aurait fait part de son intention de ne pas renouveler son contrat triennal. Officiellement pour des raisons privées. Manager Magazin pense savoir que le départ de Svensson doit être vu à la lumière des résultats négatifs chez Eurowings.

Eurowings, la division dans laquelle est intégrée Brussels Airlines, doit être bénéficiaire l’an prochain, mais d’aucuns se demandent si cet objectif est bien réalisable.

Coûts élevés

En raison des interruptions résultant de conditions climatiques extrêmes, des arrêts de travail du personnel de cabine, des retards considérables et surtout de la reprise d’une partie de l’ancien rival airberlin (en 2018, environ 170 millions d’euros), il s’avère particulièrement difficile de comprimer les coûts.

Il est vrai que les coûts élevés de l’intégration des entreprises reprises ou d’une partie d’entre elles sont standard dans chaque secteur. Toutefois, leur ampleur a dans un premier temps été sous-estimée par Lufthansa. Au cours du deuxième trimestre 2018, les bénéfices avant intérêts et impôts ont baissé de 3,4 % à 982 millions d’euros. En net, il restait 734 millions d’euros (-0,8 %).

Cela résultait également pour partie de l’augmentation du coût du carburant. Toutefois, l’intégration d’airberlin dans Eurowings se fait de manière plus lente et moins parfaite qu’escomptée, selon Lufthansa.

Brussels Airlines

Ce n’est un secret pour personne: Lufthansa souhaite diriger les vols européens d’Eurowings et de Brussels Airlines au départ de Cologne, tandis que Bruxelles est appelé à devenir le centre de compétences en matière de vol long-courrier.

Le directeur financier Ulrik Svensson s’était fixé pour objectif de permettre à Eurowings de renouer avec les bénéfices dès l’an prochain. Il souhaite porter la rentabilité au cours des trois à quatre prochaines années au niveau de ses principaux concurrents. À savoir easyJet et Ryanair.

Toutefois, ces objectifs se révèlent plus difficiles à réaliser que prévu. De même, cela n’avance pas assez vite, estime Carsten Spohr (51 ans), ceo du Groupe Lufthansa. Mais ce n’est pas tout. Selon Manager Magazin, tout porte à croire que Thorsten Dirks, ceo d’Eurowings, ne bénéficie plus du soutien inconditionnel du grand patron Spohr.

Les initiés parlent de tensions, malentendus et de frustrations profondes, principalement du côté de Dirks. Il serait par ailleurs question de différences d’opinions quant au cap à suivre. ‘La vision commune fait défaut’, peut-on entendre.

Selon le périodique allemand, cela remettrait en cause la reconduction du contrat triennal de Dirks au printemps prochain.

Accalmie

En même temps, Carsten Spohr refuse toute interview avec les médias à propos d’Eurowings ou de l’avenir de Brussels Airlines. Lors d’une conférence IATA la semaine dernière à Madrid, le ceo allemand affirmait que Lufthansa, Swiss et Austrian Airlines se portaient bien. Toutefois, pas un mot au sujet d’Eurowings. Pas plus qu’à propos de Brussels Airlines.

Une chose est sûre: le sort de Spohr est étroitement lié à Eurowings/Brussels Airlines. C’est quoi qu’il en soit sa création. Sous la marque commune, la filiale de Lufthansa doit à court terme devenir la réponse aux compagnies à bas coût les plus couronnées de succès en Europe.

Étant donné que l’ex-CEO Bernard Gustin voyait un autre avenir pour Brussels Airlines, en ce compris un autre modèle d’entreprise et un ancrage belge, il a été mis sur la touche au début de l’année en même temps que le directeur financier Jan De Raeymaeker, et remplacé par l’Allemande Christina Foerster, une fidèle de Spohr.

Au cas où le duo Carsten Spohr/Thorsten Dirks ne parviendrait pas à transformer Eurowings/Brussels Airlines en une compagnie à bas coût à succès, leur position aussi pourrait être compromise.

Cela pourrait également signifier qu’un autre avenir est peut-être réservé à Brussels Airlines, n’opérant plus en tant que compagnie à bas coût au sein d’Eurowings, mais à l’instar de Swiss, Lufthansa et Austrian Airlines, en tant que network carrier sain proposant des vols européens et long-courriers à destination de l’Afrique et de l’Amérique du Nord.

Luk De Wilde, Travel Magazine

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