Economie digitale

Google I/O 2019

Google Assistant ou Travel Assistant?

Début mai, tous les regards du secteur technologique étaient tournés vers Google. Cette fois, ce n’était pas en raison d’une nouvelle amende pharaonique, mais bien parce que le géant de la recherche en ligne organisait du 7 au 9 mai sa conférence annuelle des développeurs, la Google I/O 2019, à San Francisco. Durant cette conférence, Google donne un premier aperçu et fait des démonstrations des innovations qu’il va bientôt lancer. La démonstration du Google Assistant amélioré donnée par le PDG Sundar Pichai a fait impression. Sur base de quelques commandes vocales, il a en effet réservé une voiture de location pour un voyage imminent. Un joyau de technologie, mais qui relance la discussion: quels sont les projets de Google par rapport au secteur du voyage?

“Nous voulons rendre les tâches répétitives sur le web plus simples pour nos utilisateurs, et nous utilisons la technologie vocale à cet effet”, expliquait le PDG de Google Sundar Pichai durant le Google I/O. S’en est suivi un bel étalage technologique durant sa démonstration dans le Shoreline Amphitheatre de Mountain View, en Californie. “Notre Google Assistant pourra, sur la base de commandes vocales, réaliser des actons sur des sites web, via mobile ou par desktop.” Sundar Pichai a alors joint le geste à la parole en demandant à son smartphone: “Google, réserve une voiture de location Avis pour mon prochain voyage”, avant de laisser la place à la technologie. Google sait déjà quand sera son prochain voyage grâce à la confirmation de réservation de la compagnie aérienne dans sa boîte mail. L’assistant remplit ensuite les champs sur le site du loueur de voitures avec les informations personnelles du PDG. Tout cela, et bien plus, car l’assistant fait des recommandations pour le type de voiture en fonction de ses préférences. Ce sera un séjour en famille, pourquoi donc ne pas choisir un monovolume avec davantage de place dans le coffre. En quelques secondes, Google réalise une offre et la présente à Pichai. Il ne lui reste qu’à la confirmer ou, s’il le désire, la modifier. Incroyable.

Google met ses données au travail

Ce qui impressionne surtout, c’est la rapidité et la facilité d’utilisation avec laquelle le Google Assistant complète la réservation. Soyons réalistes, la démonstration a probablement été préprogrammée, mais Pichai avance qu’il ne s’agissait pas d’une intégration sur mesure pour Avis. En d’autres termes, Avis n’a rien investi dans la technologie ou développé des API pour permettre cette interaction. L’ensemble du système fonctionne uniquement sur base des données et de l’intelligence artificielle de Google. Le géant du web utilise non seulement des données issues des confirmations de réservations, mais émet également des propositions de produits personnelles et pertinentes. Et même si réserver un vol de cette manière n’est pas encore possible, cela ne devrait pas tarder. Google déclare qu’il ne veut, en tout cas au début, appliquer cette technologie (surnommée par Google ‘Duplex On The Web’) qu’aux voitures de location et aux tickets de cinéma.

Amazon lorgne aussi sur le secteur des voyages

Ces fonctions soulèvent à nouveau des questions sur les intentions de Google par rapport aux voyages. Ce n’est plus un secret que Google tient le secteur des voyages à l’œil, à l’instar des autres géants de la technologie que sont Apple et Amazon. On a ainsi appris récemment qu’Amazon avait lancé en toute discrétion la vente de vols intérieurs en Inde sur sa plateforme via l’agence de voyages Cleartrip. L’offre reprend donc des vols d’AirAsia, IndiGo, Air India et GoAir. Les rumeurs reprennent donc de plus belle sur les projets des GAFA dans le segment des voyages.

Le nouveau rôle de Google dans l’écosystème voyagiste

Qu’on le veuille ou non, Google joue déjà un rôle très important dans chaque niveau de l’écosystème voyagiste. Pensez par exemple à l’application Google Trips, qui produit des propositions sur mesure pour vos prochains citytrips. Selon les experts, ce n’est qu’une question de temps avant que Google ne lance la vente d’éléments de voyages. Le rôle du moteur de recherche continue d’évoluer et cela a le don de rendre nerveux bon nombre de gros bonnets de notre industrie. Google n’est toutefois pas tout-puissant et devra faire preuve de beaucoup de prudence en se lançant dans ce nouveau business. Pour preuve, l’amende monstrueuse de 4,3 milliards d’euros exigée par la Commission européenne pour le non-respect de la législation en matière de pratiques anticoncurrentielles. Ajoutez-y le renforcement du RGDP et la récente astreinte de 50 millions d’euros imposée à Google en France. Le ‘mission statement’ de Google reste toutefois inchangé: “Notre mission est d’organiser et de rendre universellement accessible et exploitable toute l’information disponible de par le monde.” Une mission à l’interprétation très vaste, c’est le moins qu’on puisse dire.

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