Analyses

Flybmi: the game is over, who is next?

Par Luk De Wilde

Another one bites the dust. Ce single de Queen vous dit quelque chose? Il y a près de 40 ans, le bassiste John Deacon écrivait le texte et la musique pour le numéro phare de l’album The Game. C’est bien ça, ‘The Game’.

C’est ‘the game over’ pour flybmi. Depuis le week-end dernier, les appareils de la compagnie britannique sont cloués au sol. Une énième compagnie européenne qui mange la poussière après des mois à tenter de garder la tête hors de l’eau.

Elles ont précédé flybmi: Germania, airberlin, Azur Air Germany (Allemagne), Primera Air (Danemark), Small Planet Airlines (Lituanie), Sky Works (Suisse), Cobalt Air (Chypre), VLM Airlines (Anvers et Bruxelles), PrivatAir (Suisse), Monarch et Cello (Grande-Bretagne).

Mais que se passe-t-il, se demandent de nombreux observateurs. Dans le désordre, les principales raisons de ces faillites sont: la sous-capitalisation, la croissance incontrôlée, la surcapacité sur le marché européen, le manque de vision, l’augmentation du prix du kérosène, entre autres.

Les incertitudes autour du Brexit font aussi en sorte que les compagnies aériennes ont de plus en plus de difficultés à conclure des accords sur le long terme avec les banques pour le wet lease de leurs appareils. Enfin, les aéroports et les régions sont de moins en moins enclins à soutenir financièrement les compagnies par le biais de campagnes marketing.

A quand la suivante?

Difficile à dire, il est toujours risqué de citer des noms, mais Flybe, Norwegian, Adria Airways et d’autres rencontrent des difficultés à joindre les deux bouts et connaissent des restructurations importantes.

Qu’on l’apprécie ou non, Michael O’Leary, le ceo de Ryanair, était le premier il y a 18 mois à s’exprimer sur la vague de consolidation qui frappe le secteur aérien en Europe et qui met à mal les ‘petits’ transporteurs.

Mais les ‘petits’ ne sont pas les seuls à rencontrer des difficultés. Alitalia frôle par exemple la faillite depuis près de deux ans. L’Etat l’a même placée sous la responsabilité d’un curateur. La compagnie ne s’en émeut pas pour autant et poursuit ses activités grâce à des prêts d’urgence, qui sont considérés par certains observateurs européens comme des aides d’Etat illégales.

Elle avait déjà fait de même en 2008 lorsque la compagnie italienne avait officiellement demandé une première fois la faillite.

Pour sauver Alitalia d’un crash fatal, on compte aujourd’hui sur un soutien financier d’un consortium englobant notamment Delta Air Lines, en combinaison ou pas avec easyJet et les chemins de fer italiens, Ferrovie dello Stato (FS). Ces derniers resteraient actionnaires majoritaires à 51%, suivant la réglementation européenne. La décision devrait tomber fin mars.

Aventures tumultueuses

De retour chez flybmi, qui connaît des hauts et des bas depuis quelque temps, rien que par le fait que la compagnie a déjà changé de propriétaire un nombre incalculable de fois.

La compagnie aérienne régionale britannique a été fondée en 1987 sous le nom de Business Air. En 1998, elle est vendue à l’ancien British Midland et rebaptisée British Midland Commuter jusqu’à ce que British Midland change aussi de nom pour devenir BMI, pour s’appeler BMI Regional.

Après que BMI ait été reprise par British Airways, BMI Regional a été vendue à Lufthansa. En 2012, BMI Regional est revendue à Sector Aviation Holdings.

Cette entreprise vend alors BMI à son tour en 2015 à Airline Investments Limited, également propriétaire de la compagnie écossaise Loganair. En tant que compagnie indépendante, le nom BMI Regional a été conservé pendant un moment avant de changer pour devenir Flybmi.

Un air de déjà vu

Cette histoire fait penser à celle de VLM, fondée en 1992 par le regretté homme d’affaires anversois Freddy Van Gaever. Une réussite à ses débuts, et encore plus après la reprise par le néerlandais Jaap Rosen Jacobson, à qui appartenait non seulement VLM Airlines, mais aussi Denim Air via Panta Holdings BV.

Jusqu’à ce qu’Air France-KLM fasse savoir le 24 décembre 2007 que le groupe allait reprendre VLM Airlines. Moins de deux ans plus tard, VLM a été intégrée à CityJet et la marque VLM a disparu au profit de la marque irlandaise.

En 2014, VLM Airlines est vendue à Intro Aviation GmbH pour finalement arriver aux mains du personnel via un management buy-out. SHS Aviation a ensuite repris la compagnie jusqu’en août dernier, date à laquelle la compagnie a finalement été déclarée en faillite après 26 ans d’histoire d’aviation anversoise.

‘Jusqu’à 900.000 passagers’

Un passager sur 200 sera touché par une compagnie aérienne en faillite dans les 15 prochaines années, selon le panel d’experts britannique Airline Insolvency Review. Cela représente près de 900.000 passagers en 2033, contre un demi-million à l’heure actuelle.

“Cette augmentation du nombre de passagers touchés est causée par l’augmentation de la demande et l’augmentation du risque d’insolvabilité”, indique l’Airline Insolvency Review dans son rapport.

Les exemples de mauvaise gestion dans le secteur sont légion. Tirer des leçons de projets ayant capoté reste difficile pour beaucoup. La vague de consolidation prévue est déjà en route et progresse fortement. Où serons-nous dans un an?

Who will be the next one to bite the dust?

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