Analyses

Feuilleton TM sur le Brexit (épisode 4): “L’impact en fonction du scénario est difficile à évaluer”

Cette semaine encore, Travel Magazine vous fait part de quelques commentaires de l’industrie voyagiste belge concernant le Brexit. Maintenant que la House of Commons a rejeté la proposition de Theresa May la semaine dernière, le monde entier a le regard braqué sur le Royaume-Uni. Du côté de TUI, l’ABTO-BTO et des aéroports régionaux d’Anvers et Ostende, on ne peut pas rester muet.

TUI: “Tout se poursuit normalement”

Piet Demeyere (head of external communications): “Comme bon nombre d’entreprises, nous analysons et nous nous préparons aux conséquences possibles du Brexit pour toute notre entreprise. Notre objectif est de poursuivre nos activités comme nous le faisons à l’heure actuelle sans interruption matérielle, aussi bien au Royaume-Uni qu’au sein de l’Union européenne. Pour garantir ceci, nous préparons des mesures d’urgence pour les différents scénarios possibles, y compris un Brexit dur. Nous avons identifié les questions liées au Brexit et nous les gardons à l’œil. Au vu du statu quo actuel, celles-ci sont gérables.”

ABTO-BTO: “L’incertitude se traduit par une hésitation dans les achats”

Luc Coussement (président): “Le dossier Brexit est suivi de près au sein de l’ECTAA par la commission Destination & Sustainable Development et le sujet est à l’ordre du jour deux fois par mois lors des réunions avec les délégués de l’ABTA (association britannique). Les conclusions sont toujours les mêmes: plusieurs scénarios sont possibles, l’impact en fonction du scénario n’est pas vraiment quantifiable et nous n’avons aucune idée de l’issue de ce dossier. Notre conseil pour les membres de l’ABTO et de la BTO est que chacun estime l’impact du Brexit sur ses opérations. Un cas de figure possible qui ne nous rassure pas est l’apparition d’un fossé entre l’approche adoptée par les entreprises et celle des institutions gouvernementales. A quel rythme notre pays, les autres pays membres, l’Union européenne et le Royaume-Uni vont-ils réagir à l’issue finale du vote de la Chambre des Communes? Les entreprises vont assurément vouloir réagir rapidement afin de limiter l’impact commercial du Brexit, si cela n’était pas encore le cas. Les institutions officielles vont-elles suivre et prévoir les mesures de transition nécessaires, les encadrements juridiques et opérationnels ainsi que les moyens humains requis pour rendre tout cela possible? L’écart de vitesse entre ces deux entités forme un réel danger aux implications logistiques importantes. Comment allons-nous passer les contrôles de douane? Qu’adviendra-t-il des liaisons existantes pour les personnes et les biens? Quid du flux de données et de la vie privée et qu’en sera-t-il de la nouvelle loi sur les voyages à forfait? Aura-t-on droit à toute une série de nouvelles réglementations britanniques ou conserveront-ils les grandes lignes de ce qui a été construit par l’Union européenne jusqu’ici?

Nous conseillons vivement aux membres de l’ABTO de réagir. Pour tous les acteurs de notre secteur, il est important de mettre en lumière les conséquences pour la circulation des personnes, des données et des biens avec le Royaume-Uni. Ceci leur permettra de dégager les risques éventuels et de trouver des solutions de transition. Une fois mars 2019 derrière nous, il sera possible de s’adapter rapidement en fonction des mesures de transition proposées en Belgique, en Europe et au Royaume-Uni. Il est crucial que les institutions et les entreprises entament simultanément cette transition. Une interface ouverte et transparente entre le monde des entreprises et les organes gouvernementaux est absolument nécessaire. Je suis curieux de voir si nous y parviendrons avec nos autorités locales et les Britanniques.

Outre ces dimensions opérationnelles et logistiques, il ne faut pas négliger l’effet psychologique du Brexit. Disons simplement que l’incertitude européenne influence les consommateurs. Le commerce en ligne restera-t-il possible après le Brexit? Pourrons-nous toujours voyager aussi aisément vers le Royaume-Uni? Y organiser des meetings et des événements? Toutes ces questions sont un signe trahissant les incertitudes qui pèsent autour de ce dossier. Cette incertitude se traduit déjà aujourd’hui dans une dynamique d’achats hésitante, qui ne devrait faire qu’empirer d’ici à la fin du mois de mars.”

Aéroports OST-ANR: “Trop tôt pour prendre position”

Marcel Buelens (ceo): “Nous réalisons bien en tant que représentant du secteur aérien que le Brexit aura un lourd impact. La Commission européenne se prépare à définir la réglementation en fonction des différents scénarios possibles (deal ou no-deal). Il est encore trop tôt pour prendre position en tant qu’aéroport étant donné que nous ne savons pas encore quelle sera la décision finale autour du Brexit. Mais l’aéroport a informé les autorités compétentes de ses préoccupations au niveau du développement des lignes et du nombre de vols vers les destinations britanniques.”

La semaine prochaine, nous vous retrouvons pour  le cinquième épisode de notre feuilleton sur le Brexit, avec les réactions de la CLIA et de la FBAA, entre autres.

 

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