Edito

Le métier d’agent de voyages redevient sexy

Alors que le mois de février s’entachait des conséquences encore imprévisibles du coronavirus en Chine (le fameux Covid-19), les demandes de réservations affluent dans nos contrées, et ce, pour tous les volets du secteur.

Fait notable, ce sont surtout les ‘petits’ organisateurs de voyages – à côté évidemment de l’ogre TUI – qui réalisent une belle progression à la suite de la disparition de Thomas Cook. On est donc en droit de se demander comment il se fait que de nombreux produits soient simplement transférés d’un producteur à un autre? Avant tout parce qu’un produit de masse est aisément échangeable: de nombreux clients volent à bord des mêmes compagnies aériennes et séjournent souvent dans les mêmes hôtels.

Mais la transparence règne aujourd’hui, notamment par le biais des réseaux sociaux, et elle amène avec elle le danger que cette capacité d’échange omniprésente dans les forfaits de voyages fasse en sorte que les clients ne restent plus que peu ou prou fidèles à une marque (ce que confirment de récentes études de marché, comme celle menée par le bureau d’étude Nielsen).

Nous voici donc face à un énorme défi pour les acteurs de niche qui s’investissent sur le segment premium: l’hôtellerie de luxe, les concepts de clubs huppés ou les offres croisiéristes différenciées sont aujourd’hui devenus les vaches à lait des meilleures agences de voyages.

A première vue, la standardisation – nécessaire au sein d’un grand organisateur – ne va pas forcément de pair avec la demande de produits de luxe offrant une flexibilité maximale et une approche hautement individualisée. C’est pourquoi l’approche marketing d’un produit de masse a tout intérêt à s’organiser séparément de celle d’un vrai produit de luxe (chose que les armateurs comme MSC Croisières et RCL appliquent déjà, et bientôt les meilleurs produits de Hapag-Lloyd Cruises).

Tout ceci dans un contexte où les investisseurs de capitaux jouent allègrement sur l’envie de voyager toujours plus marquée des consommateurs, flygskam ou pas.

Les loisirs et les voyages occupent une place de choix dans les intérêts du client moderne et malgré les – ou plutôt grâce – aux innombrables tentacules de l’Internet mobile et de son trésor d’applications plus ou moins utiles, ce même consommateur accorde – aujourd’hui plus qu’hier –  une grande importance au conseil éclairé et au service de qualité que fournit l’agent de voyages moderne. Ce n’est donc pas un hasard si le métier de ‘conseiller de voyages’ se retrouve à nouveau sur le devant de la scène durant les salons, tandis que les écoles de tourisme notent un regain d’intérêt notable ces dernières années pour la formation. Si tout ceci – par le biais d’une formation permanente – pouvait être accompagné d’une meilleure rémunération dans le cadre d’un package salarial globalement qualitatif, le métier d’agent de voyages moderne (re)deviendrait assurément plus sexy aux yeux de la nouvelle génération de jeunes diplômés.