Edito

Harmonisation de données, de facturation et ‘one voice’ à l’unisson

Dans les conversations de couloirs, que ce soit durant les congrès UPAV et Selectair ou lors du forum d’affaires qui s’est tenu le mois dernier à Singapour avec comme invités de marque la BTO, l’ABTO, la BATM et l’ECTAA, un sujet récurrent après chaque calamité fit une nouvelle fois la une: la facturation directe à l’organisateur de voyages et les transferts logistiques des données clients.

Ainsi en fut-il également en 2010 lors des faillites d’Intermed et de BEST Tours ainsi qu’en 2013 lors de la chute d’un des principaux tour-opérateurs néerlandais OAD, où fusaient de toutes parts les questions portant sur l’encaissement et la facturation directs avec leurs tenants et leurs aboutissants. De nos jours aussi, suite aux péripéties subies par des clients de Thomas Cook avisés ou non informés par les tiers (sur le maintien des vols après la déconfiture), l’appel vibrant lancé pour fixer légalement la transmission des données clients aux organisateurs concernés n’aura de cesse de se faire entendre. Dans notre XXIe siècle mobile et numérique, le temps venu nous enjoint à adopter, par une série de conventions clairement délimitées et légalement définies, le flux de données destinées aux procédures logistiques et de conclure dans cette même optique les accords commerciaux qui s’imposeront en corollaires. Car voilà qu’entre-temps chaque acteur de la chaîne voyagiste – clients, intermédiaires, sociétés de cartes de crédit – se trouve assis sur une montagne de données qui plus que jamais doivent être rigidement cautionnées et conditionnées afin d’en empêcher tout emploi abusif.

Le fonds de commerce de l’agent de voyages moderne repose bien entendu sur une connaissance extensive des données clients, mais tout autant sinon plus sur un concours harmonisé avec les différents acteurs du paysage voyagiste pour que chacun puisse aboutir à une situation gagnant-gagnant.

Par la prolifération sauvage des différents réseaux sociaux et de leurs applications, les données clients sont aujourd’hui manipulables et exploitables à l’envi par qui le veut avec les conséquences que cela peut entraîner.

A la lumière de ce qui précède, notre industrie du voyage a urgemment besoin de mettre en place une vision structurée clairement définie au niveau des médias électroniques numériques et classiques répondant à l’unisson sans se laisser emporter par la houle de bavardages de comptoir ou autres ‘chats’ sur toile sans consistance par ceux qui ne veulent que marquer des points sans aucunement s’encombrer d’acquis professionnels. Ainsi peut-on expliquer aussi que dans le sillage de la calamité Thomas Cook – malgré l’œuvre imminente du Fonds de Garantie Voyages – une grande partie du public n’y voie qu’une instance sur papier, alors qu’il s’agit d’un organisme intrinsèquement voyagiste tant pas sa composition que par son modus operandi et un modèle que peuvent nous envier beaucoup de pays qui nous entourent. Citons un autre cas d’autodafé chez nos législateurs: en 2016, le Parlement belge (la Chambre) a approuvé la loi obligeant les transporteurs et les organisations de voyages à communiquer les données-passagers, se conformant par ailleurs à une directive européenne à ce même propos. Et nous voilà entre-temps confrontés avec une lancée de bois verts de la part de la ligue francophone des droits de l’homme contre les défenseurs d’une loi qui, selon eux, porterait atteinte à la vie privée!

Alors, en avant tous et toutes pour la Cour européenne et des années de palabres et de tergiversations!