Edito

Antitrust

L’année nouvelle ne compte qu’un bon mois et voilà qu’une sarabande de nouvelles opportunités se présentent déjà à nous, sur le marché.

Bientôt -encore avant l’été -ce sera au tour de quelques tour-opérateurs français à explorer le paysage belge entraînés dans leur envolée par l’espagnole Wamos/Neckermann comblant le vide laissé, dès l’année dernière, par la défunte Thomas Cook.

FRAM, le réputé T.O. français de tradition mise sur le marché francophone belge alors que par ailleurs Mondial Voyages (MV) – avec ses destinations fleurons que sont la Tunisie, la Turquie et l’Égypte veut se positionner avec son entité belge et un responsable à désigner, sur notre marché bilingue national.

À l’international l’ondée de consolidation déferle de plus belle sur différents terrains – de la technologie à l’aérien – et ce sans désemparer. Il y a quelques années d’ici Travelport, qui fit pratiquement partout la une avec sa filiale de paiements e-nett, monnaie maintenant sa mise en concluant un mega-deal avec Wex, cette fintech américaine de premier rang, et ce, pour la somme de quelque 1,7 milliard de dollars.

Entre-temps ce sont des mois cruciaux qui s’annoncent pour différents groupements aériens. IAG – le groupe entourant BA et Iberia – attend le feu vert des instances antitrust tant européennes qu’ espagnoles pour englober Air Europa (faisant partie du groupe familial Globalia). Au demeurant, on continue à se poser beaucoup de questions sur la manière dont le nouveau groupe lié au transporteur polonais LOT – membre tout comme LH de Star Alliance – se comportera vis-à-vis de la compagnie vacancière allemande Condor (l’accord devant être finalisé fin avril ). Il reste à savoir quel sera, par ailleurs, le sort réservé d’ici la fin du mois de mai à Alitalia après l’énième bouée de sauvetage lancée par l’État italien, dès lors que Delta, après avoir acquis 20 % de l’actionnariat de Latam, zyeute avec le même intérêt le transporteur national italien (avec ses slots très côtés et chers à Milan)?

L’autre fait remarquable en marge du Brexit-deal, consiste à comprendre pourquoi le gouvernement britannique qui, fin septembre dernier n’a fait aucun geste pour venir en aide au groupe Thomas Cook, sauve actuellement de la faillite le transporteur Flybe (si ce n’est que Flybe – et c’est un enjeu électoral – assure plus de 80% de tous les vols domestiques au Royaume-Uni) sachant qu’après le Brexit l’Europe n’aura plus rien à y (re)dire.

Plus près de chez nous, il s’agira d’ouvrir l’œil au moment où le fonds d’investissement germano-suédois Triton, recevrait l’approbation des instances néerlandaises et belges afin de réunir Corendon et Sunweb sous un seul et même toit. En même temps, Fosun, l’ex grand actionnaire de Thomas Cook, est bien décidé à insuffler avant l’été une nouvelle vie à Thomas Cook en tant que portail en ligne au Royaume-Uni, alors que le groupe turc Anex – dans l’entourage de l’entrepreneur Neset Kockar, avec sa redoutable force de frappe en Russie à la suite, entre autres, de la reprise d’Intourist prend un nouvel envol en Allemagne en reprenant les ex-filiales de T.C.que sont Bucher et Öger Tours.

Et tout ceci se passe avec pour toile de fond mondiale des défis lancés tant au niveau aérien qu’au tourisme tels que la neutralité climatique, la honte de prendre l’avion, l’utilisation des donnés clients, la problématique de la mobilité, les émissions CO2, les taxes sur les avions, le bateaux de croisières au gaz naturel liquéfié et surtout l’impitoyable concurrence internationale qui ne fait qu’accroître plutôt que diminuer la pression sur les prix (même pour les OTA au succès confirmé) et ce malgré tous les efforts produits au niveau des consolidations.

Nombreux sont ceux qui pensent qu’au final le test de vérité décisif pour un nouveau ‘green deal’ européen dépendra toujours et encore de la mise en œuvre du programme du Ciel unique européen (SES) ce qui amenderait automatiquement l’impact écologique de la navigation aérienne et réduirait d’emblée les émissions!