Analyses, Association professionnelle

Congrès UPAV 2018: un congrès plein d’espoirs (2)

Reprenons là où nous nous étions arrêtés la semaine dernière: dimanche 30 septembre, un réveil un peu plus tranquille nous attend après la journée éprouvante de la veille. Comme certains, nos bateaux semblent avoir un peu de mal à se réveiller après leur longue léthargie, mais nous accostons finalement à Edfou pour une belle visite du temple sous un soleil de plomb avant de reprendre la navigation.

En fonction du bateau sur lequel nous nous trouvions, nous avons eu l’occasion d’assister à des tables rondes animées par Olivier Dugardyn, David Sprecher, Mark De Vriendt et/ou les administrateurs de la BTA et de l’UPAV, des interventions qui seront résumées par les orateurs lors d’une seconde conférence plénière tenue le lendemain à l’hôtel Helnan à Assouan.

Suit up! Ou plutôt: parez-vous de vos plus belles djellabas et imposez votre style. Si ces magnifiques déguisements ne nous ont malheureusement pas permis de visiter le temple de Kôm Ombo après l’heure de fermeture (en raison de nos embarcations un peu trop lentes), ils nous ont au moins assuré de beaux souvenirs à bord!

Le lendemain, retour à un horaire un peu plus ‘militaire’, mais toujours dans un décor à couper le souffle. Il me semble que le travail serait moins pénible au soleil! Une balade en felouque nous attend pour un réveil en douceur, avant d’embarquer sur un bateau à moteur pour rejoindre le temple de Philae, une autre merveille de l’antiquité qui clôturera notre découverte des vestiges égyptiens.

Votre attention, s’il vous plaît

Nous arrivons au moment le plus studieux du congrès. S’il y a bien des informations à noter, à retenir et à diffuser, ce sont dans les interventions reprises ci-dessous qu’elles apparaissent.

C’est Son Excellence Madame Sibille de Cartier d’Yves, ambassadrice de Belgique en Egypte, qui a pris la parole en premier au sujet du rôle du SPF Affaires Etrangères. Celui-ci met divers outils à disposition de tous pour s’assurer que les voyages des ressortissants belges se déroulent sans encombre. Parmi eux, on retrouve Travellers Online, un nouvel outil très important, surtout pour les voyages dans les pays à risques (ou non, si on pense aux attentats de Paris). L’enregistrement de voyages sur cette plateforme permet aux ambassades de savoir qui est sur place en cas de problème.

Les conseils donnés pour chaque pays sur diplomatie.belgium.be sont également à lire en détail, sans s’arrêter aux dernières mises à jour sur la première page. D’autres questions comme le climat, les vaccins, la législation locale sur des sujets sensibles sont également abordées plus loin.

Les ambassades et consulats, les consulats honoraires et le SPF Affaires Etrangères (pour les cas d’urgence) sont là pour vous aider. Il convient cependant de noter que les voyageurs ayant une double nationalité (belge + le pays du voyage) ne peuvent pas être assurés de recevoir tous les services de la part des affaires étrangères belges.

Olivier Dugardyn a ensuite abordé le douloureux sujet de la nouvelle directive européenne sur les voyages à forfait, 92 jours après son entrée en vigueur. Premier constat: cette loi n’a empêché personne de poursuivre ses affaires normalement et aucun contrôle n’est prévu avant 2019, ouf! Pour le reste, la loi n’est pas plus claire aujourd’hui qu’elle ne l’était avant son implémentation et elle suscite toujours autant de questions. Deuxième constat, cette directive transforme les business modèles d’affaires en Europe en impliquant dans le processus d’organisation de voyages à forfait des acteurs qui ne l’étaient pas auparavant (par exemple, des transporteurs aériens ou des librairies proposant des box cadeaux). Certaines entreprises tentent de ce fait de ne plus fournir que des prestations de voyage liées pour éviter de tomber sous la coupe des forfaits.

Mais de nombreuses questions persistent: quelle est la différence entre voyage à forfait et les prestations de voyage liées, à quel moment communiquer les informations précontractuelles, qu’en est-il de la responsabilité, etc.? La loi doit viser une harmonisation maximale, mais elle n’est pour l’instant pas harmonisée du tout. Un examen de cette loi est prévu pour janvier, on en reparle à ce moment-là?

Comment bien maîtriser le traitement des litiges transports? Un thème dont David Sprecher pourrait nous entretenir pendant des heures, mais nous allons essayer de résumer le principal de sa présentation, en nous concentrant sur l’aérien. David a commencé par nous parler du Règlement 261/2004, une réglementation majeure en matière de litiges aériens. Elle s’applique à tous les vols au départ d’un aéroport de l’Union européenne (+ la Suisse, la Norvège et l’Islande), mais pas au vol retour vers ces destinations s’il est opéré par une compagnie non européenne. Dès lors, un des grands conseils de David fut: toujours essayer de faire en sorte que le vol retour soit assuré par une compagnie européenne (et attention aux partages de codes qui peuvent changer la donne!).

Le second règlement à être mentionné fut le Règlement 2111/2005 se référant à la liste noire des compagnies aériennes, né à la suite de plusieurs catastrophes aériennes au début des années 2000. Le bon conseil de David: tout agent de voyages a l’obligation de télécharger cette liste (qui change tous les six mois), de l’imprimer et de la garder à l’agence. Deuxième obligation: interdiction de vendre les compagnies reprises sur cette liste! Et de nouveau, attention aux partages de code, car c’est la compagnie qui assure le vol qui est responsable.

Notre bien-aimé Jean-Luc Hans a clôturé les interventions en faisant un état des lieux de la BTA (ndlr. née de la suppression de la licence d’agence de voyages en Wallonie). En date du 1er octobre, 761,65 employés étaient inscrits à la BTA, et 602 d’entre eux avaient suivi au moins une des 130 formations proposées jusqu’à présent.

Pour continuer sur cette lancée, il faut que tout le monde joue le jeu. D’un côté, les membres UPAV sont de facto membres de la BTA, mais il faut quand même s’y inscrire. D’autre part, les T.O. doivent eux aussi devenir membres et proposer des formations aux agents de voyages. La BTA s’est, dans un premier temps, consacrée au B2B, mais avant de se tourner vers le consommateur final pour lui montrer le chemin à suivre et la plus-value du label CERTA (prévu pour 2019), il faut que tout le monde fasse encore un petit effort pour que tout soit au point. Dans un monde idéal, la BTA pourrait même devenir nationale en 2020.

Après cet après-midi instructive, l’UPAV nous avait réservé une soirée de gala rétro pour clôturer en beauté ce congrès 2018 au Sofitel Legend Old Cataract Aswan, où nous avons marché dans les pas d’Agatha Christie, Winston Churchill et Lady Diana.

De l’importance des congrès professionnels

Le Congrès UPAV, c’est un moment professionnel évidemment, mais aussi l’occasion de (re)découvrir une destination, soit pour mieux la vendre à ses clients, soit pour son plaisir personnel. En Egypte, il s’agit d’un tout autre enjeu: faire revenir les touristes. Si on se plaît à être quasi seuls à visiter des sites aussi impressionnants que la vallée des Rois ou le temple d’Edfou et à profiter d’une vue imprenable sur le Nil sans autre bateau à l’horizon, on ne peut se réjouir d’un secteur touristique en crise depuis plusieurs années. Et nous avons bien senti l’espoir que les représentants égyptiens fondaient en nous, professionnels du voyage belges, qui devons désormais jouer le rôle de messager envers les voyageurs de notre pays. Sécurité mise à part, l’Egypte n’a que des atouts à faire valoir: les vestiges millénaires qui s’offrent à nous et la qualité de leur conservation feraient rêver même les moins férus d’archéologie. Et nous tenons également à souligner – aussi évident que cela puisse paraître – l’importance de la qualité du guide qui vous accompagne et vous transporte au temps des pharaons. L’Egypte est sans aucun doute une destination à se faire raconter par des experts et passionnés.

 

Margaux Descamps, Staff Reporter

 

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