Analyses, Association professionnelle

Congrès UPAV 2018: un congrès plein d’espoirs (1)

Vendredi 28 septembre, 13 heures, Brussels Airport. L’ambiance d’un début de congrès est toujours aussi bon enfant: tout le monde se dit bonjour, on se demande sur quel bateau on dort, dans quel groupe on est, on se réjouit d’être avec ses collègues ou on se désespère en ne trouvant personne de son groupe! On dirait presque une rentrée des classes: il y a les nouveaux, ceux qui ont changé d’employeur, ceux qui reviennent après un ou plusieurs congrès d’absence, et ceux qui mettent l’ambiance dès l’arrivée à l’aéroport. Les salutations et retrouvailles entre ceux qui se sont vus la semaine dernière et ceux qui ne se sont plus croisés depuis un an continuent tout au long de l’aéroport, jusqu’à la porte d’embarquement où Brussels Airport nous a organisé un petit drink de bienvenue. Tania Ter-Ossepiantz (Airline & Trade Marketing Manager, Brussels Airport), Hedy Hafsia (président de l’UPAV) et Reem Oraby (directrice Belux d’Egyptair) prennent la parole pour les premiers petits discours du congrès, et c’est là qu’une bonne nouvelle supplémentaire tombe: Egyptair nous assurera un vol direct pour notre retour d’Assouan le mardi (plutôt que de faire escale au Caire). Nous rentrerons donc à Bruxelles à l’heure prévue initialement, mais pourrons profiter de deux heures de plus en Egypte (pour dormir ou pour faire la fête, selon les préférences de chacun).

Après un vol sans encombre à destination de Louxor, c’est sous plus de 30 degrés que les 150 participants rejoignent les deux bateaux qui leur serviront de logement et de moyen de transport pour les quatre prochains jours. Chacun sur son pont respectif, on discute au-dessus de la rembarde, un verre à la main. Mais le programme nous rattrape vite: demain, c’est peut-être samedi, mais c’est lever à 6 heures du matin!

Les plaisirs de la profession

Pour s’immerger directement dans la destination, le premier jour du congrès commence par une découverte de la Rive Gauche du Nil, qui abrite notamment la vallée des artisans Deir el-Medineh, la vallée des Nobles et, surtout, la fameuse vallée des Rois, les trois premières escales de notre périple. C’est ainsi que les huit groupes, certains déjà avec de plus petits yeux que d’autres, montent à bord de bateaux à moteur pour traverser le Nil, ce fleuve si important pour l’Egypte et le tourisme.

Novice ou non, on ne peut rester indifférent devant les splendeurs de l’antiquité qui s’offrent à nos yeux. Et dans quel contexte! Nous sommes presque seuls sur les sites. Bien qu’on croise un peu plus de monde dans les tombeaux de la vallée des Rois, les connaisseurs sont unanimes: ce sont des conditions exceptionnelles pour visiter ces sites antiques, à mille lieues des longues files de cars et de bateaux qu’on observait il y a quelques années de cela. Une période qui semble bien loin pour tous les gens qui vivaient du tourisme en Egypte, un tourisme qui semble resté figé dans le temps (à l’image de nos bateaux) depuis que les voyageurs du monde entier se sont détournés des pays arabes. Et c’est bien pour ça que l’UPAV a choisi cette destination!

C’est dans le majestueux hôtel Sonesta St. George que le lancement officiel du congrès UPAV 2018 a ensuite été donné. Pour son premier discours officiel en tant que président de l’UPAV, Hedy Hafsia nous a rappelé qu’il y a 20 ans de cela, en 1998, un premier congrès de l’association professionnelle avait déjà été organisé dans ce pays. Certains s’en souviennent, d’autres ont pu admirer les photos d’époque retrouvées par Patrick Anspach. 20 ans plus tard, l’UPAV revient en Egypte après une année compliquée pour le secteur touristique, notamment en raison de l’entrée en vigueur du RGPD et de la nouvelle directive européenne sur les voyages à forfait. Dans ces deux cas précis, l’UPAV a organisé des formations et des séances d’informations pour les professionnels du voyage, lesquelles ont été fortement suivies, ce qui démontre bien l’utilité des associations professionnelles, et aussi de leur collaboration. Nous soulignerons d’ailleurs le soutien de la VVR et de l’ABTO envers l’UPAV, représentées par Koen van den Bosch et Luc Coussement au congrès.

L’année 2018 n’est évidemment pas encore terminée, et d’autres changements nous attendent encore, notamment au niveau des assurances, mais l’UPAV est sur le coup, et ses membres peuvent être assurés de son suivi à tous les niveaux. Enfin, un tel congrès ne pourrait voir le jour sans l’appui de sponsors, qui sont trop nombreux pour être cités tous, mais qu’il vaut la peine de remercier, surtout les partenaires égyptiens principaux, Egyptair et l’Office de Tourisme d’Egypte.

Conférences et workshop

Mostafa Waziri et une partie de son équipe de travail.

Ce fut ensuite au docteur Mostafa Waziri, secrétaire général du Conseil suprême des Antiquités, de prendre la parole pour discuter des découvertes récentes en Egypte. En effet, ce qu’on peut voir en surface en Egypte aujourd’hui ne représente que 40% des richesses culturelles du pays. En d’autres termes, vu le potentiel qu’il reste à découvrir, l’Egypte a encore de beaux jours devant elle, et les touristes de nombreuses raisons d’y revenir. Des fouilles ont encore lieu partout sur le territoire égyptien, et il reste selon Mostafa Waziri au moins cinq tombes royales à découvrir. A l’aide de photos, nous avons pu admirer des découvertes récentes au temple de Karnak ainsi que la découverte et la reconstruction d’une des statues encadrant l’entrée du temple de Louxor que nous allions admirer le soir-même.

C’est une autre personnalité passionnante qui s’est exprimée ensuite: le docteur Amine Ait-Chaalal, professeur de Relations internationales à l’UCL. En passant en revue les grands faits du XXe siècle en Europe, ce dernier nous a expliqué l’origine des questions qui se posent aujourd’hui au Moyen-Orient. Nous avons connu deux guerres mondiales, qui ont affecté cette région du monde: à l’issue de la Première Guerre mondiale, de nouveaux Etats et de nouveaux dirigeants font leur apparition ainsi que la question israélo-palestinienne. Et depuis 1945, la région connaît une alternance de phases de tension, de crispations, de conflits, de violences… Le monde entier a assisté aux conflits israélo-palestiniens, puis israélo-arabes en 47-48, au conflit de Suez en 1956 et à l’assassinat d’Yitzhak Rabin en 1995, pour ne citer que ces événements. Résultat: les touristes craignent ces pays instables. Et pourtant, il y a tant de choses à y découvrir. Le tourisme (culturel) en Egypte est un tourisme qui se base sur une dynamique de compréhension de l’autre, de sa culture et de sa civilisation. Pour Amine Ait-Chaalal, c’est un tourisme qu’il faut encourager, tout en assurant évidemment la sécurité des personnes qui se rendent sur place.

Après un lunch sponsorisé par Touring dans les jardins du Sonesta St. George, offrant une magnifique vue sur le Nil, les fournisseurs ont pris leur quartier dans la salle de conférence pour un workshop en compagnie d’autres fournisseurs égyptiens. En marge de celui-ci, trois sponsors ont donné une courte présentation: FTI Ticketshop, Assur Travel et Trafundo (voir plus loin).

Lancé le 1er mars de cette année sur le marché belge, le consolidateur de vols FTI Ticketshop se concentre exclusivement sur le B2B et la billetterie Internet. Des tour-opérateurs et agents de voyages composent les clients de cet outil totalement gratuit. L’outil de réservation FTI Ticketshop Fare Wizard vous permet d’effectuer plusieurs types de recherche: simple, avancée ou par date. L’option de recherche avancée permet de faire du multi-segments à un tarif introuvable par le client, ce qui vous permet de garder une grande valeur ajoutée. A partir du mois de novembre, FTI Ticketshop disposera d’une licence IATA belge (ils travaillent pour l’instant sous IATA français), ce qui entraînera encore davantage de tarifs préférentiels.

Vous retrouverez davantage d’informations sur le fonctionnement de FTI Ticketshop dans notre TM 414 du 22 juin dernier. Les représentants de l’entreprise en Belgique seront également présents à Bruxelles le 15 novembre prochain lors de l’événement Airline Market Place (AMP) au ViaVia Café.

Assur Travel, courtier spécialisé sur la mobilité, a pour sa part présenté un nouvel outil disponible depuis la rentrée: un comparateur de cartes bancaires disponible sur l’extranet pour les agents de voyages. Ce comparateur donne toutes sortes d’informations sur la couverture offerte par les cartes bancaires des clients, notamment le nombre de personnes prises en charge (ou non) par celle-ci. Il leur permet ainsi de savoir ce qu’ils ont à gagner avec une vraie assurance voyage par rapport à ce que couvre leur carte personnelle. Assur Travel s’occupe également d’assurances de voyages sur mesure, par exemple pour le transport de matériel de sport (voyages de golf). S’ils sont très bien référencés en France, ils sont encore assez peu connus en Belgique, nous vous invitons donc à contacter directement Assur Travel pour davantage d’informations au sujet de leurs produits.

Olivier Gordenne présente Trafundo

Et voilà celui qu’on attendait tous, le petit nouveau (on parle du produit évidemment, pas d’Olivier que beaucoup connaissent depuis longtemps) à faire son entrée sur la scène belge! Présentée en avant-première pour la Belgique francophone lors du congrès, la nouvelle société d’assistance juridique Trafundo – Passenger Rights Care mérite une attention toute particulière dans notre contexte voyagiste actuel. Basée au Luxembourg, Trafundo est une société qui a créé une plateforme d’assistance juridique visant à aider les passagers à récupérer les indemnisations auxquelles ils ont droit après un problème de transport (annulation, retard, etc.). Une claim agency de plus, me direz-vous? Oui, mais non, Trafundo se distingue sur plusieurs points.

Premièrement, Trafundo est multi-modal, il couvre quatre types de transport: l’aérien, le rail, l’autocar (pour des trajets de plus de 250 kilomètres) et les croisières. Trafundo est également multi-légal: le paramètre juridique dans lequel il est actif est plus large que ce qui existe aujourd’hui, et ce, grâce notamment à l’aide de l’avocat international David Sprecher et de sa société. Trafundo peut ainsi compter sur une série d’avocats spécialisés et travailler avec un réseau d’experts européens qui vont aller chercher les législations qui s’appliquent dans un cas précis pour optimiser l’indemnisation. Enfin, l’aspect le plus important par rapport aux claim agencies ‘classiques’ est que Trafundo dispose d’un mandat d’avocat, requis par de nombreuses compagnies en cas de litige.

Trafundo travaille au succès et ne touche donc une rémunération (20 à 25% du montant de l’indemnisation) qu’en cas de gain de l’affaire. Une option sur le site mis en ligne il y a quelques jours permet de filtrer les dossiers pour voir s’il vaut la peine d’introduire une plainte. Ainsi, si un dossier ne semble pas éligible pour une certaine raison, vous et vos clients ne perdront pas de temps en poursuites inutiles, et vous saurez pourquoi! Trafundo est un site grand public qui dispose d’un volet B2B. Les agents de voyages pourront donc se créer un compte pour suivre les dossiers de leurs clients.

 

Après toutes ces nouveautés intéressantes, les participants au congrès ont repris la direction des bateaux pour se changer en vue du cocktail qui les attendait ce soir-là dans le temple de Louxor. Une visite de nuit qui donne une dimension encore plus particulière à cet édifice imposant.

Pour garder votre attention et ne pas vous dévoiler tout d’un coup, nous vous donnons rendez-vous dans cette même newsletter la semaine prochaine pour la suite du compte-rendu de ce congrès. Nous aborderons notamment les allocutions de maîtres Olivier Dugardyn (sur la nouvelle directive européenne) et David Sprecher (sur des questions aériennes).

 

Margaux Descamps, Staff Reporter Travel Magazine

 

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