Analyses

Feuilleton TM sur le Brexit (épisode 5): “Prudent, mais légèrement positif”

Cette semaine, Travel Magazine suit encore le chaos du Brexit, avec des réactions de Louise Priior de CLIA UK, Veerle De Boeck de la FBAA et Manuela Libens de Gallia. Eux aussi ont de nombreuses questions, mais affichent quand même une positivité prudente.

Louise Prior (CLIA UK): “Le client reste protégé”

“Le gouvernement britannique a publié des directives sur le trafic de passagers vers l’Union européenne par la voie aérienne, ferroviaire ou maritime après le Brexit, en préparation à un no-deal potentiel. Ces directives sont aussi valables pour l’industrie croisiériste et garantiront qu’en cas de no-deal, les activités croisiéristes se poursuivront normalement, même après le 29 mars. Les passagers qui embarquent pour une croisière au départ d’un port britannique profiteront encore des mêmes lois et règlements européens qu’à l’heure actuelle. Ces mesures seront en effet reprises dans la législation du Royaume-Uni. Les passagers feront toutefois bien de s’armer d’une bonne assurance voyage, de s’assurer d’avoir contrôlé leur réservation et d’être au courant des conditions générales avant le départ. Si le voyageur a encore des questions, il pourra s’adresser à l’armateur ou à son assureur. Il est toujours conseillé de passer en revue les dernières informations sur le voyage, la destination et l’armateur avant le départ. Cet avis doit rassurer les ressortissants européens et britanniques qui souhaitent entreprendre une croisière au départ du Royaume-Uni l’année prochaine. Nous suivons la situation de près et sommes prêts à réagir rapidement et à publier des mises à jour sur la situation.”

Veerle De Boeck (FBAA): “Une solution existe aussi en cas de no deal”

“En tant que fédération, nous avons donné suite à l’appel de la Commission européenne et de notre gouvernement pour nous préparer à tous les cas de figure possibles en tant que secteur. Nous avons tout d’abord réalisé un inventaire des principaux domaines qui pourraient être impactés par le Brexit. Un Brexit dur peut avoir des conséquences pour les entreprises, les chauffeurs et les passagers. L’attitude des négociateurs sera importante. Le point positif est que les deux parties aspirent à un marché libre pour les autocars et autobus avec une reconnaissance réciproque et le maintien des règles en place actuellement. On pense par exemple aux spécifications techniques des véhicules, aux permis de conduire, à la formation requise pour les chauffeurs, à l’accès à la profession et au marché. Nous partons du principe que même en cas de no-deal, les parties chercheront à trouver une solution viable, même si celle si pourrait encore se faire attendre pendant un moment. Le Royaume-Uni a par exemple annoncé qu’il intégrerait directement l’accord interbus en cas de Brexit, ce qui devrait au moins assurer l’accès au marché pour les services irréguliers. Pour les lignes régulières internationales, qui n’en font pas partie, la situation sera un peu plus compliquée en cas de Brexit dur. Le transport transfrontalier de personnes pourrait subir des changements au niveau des preuves d’identité, des cartes d’assurance européennes et des permis de conduire.

Contrairement au transport de biens et à l’aviation, la Commission européenne n’a pas prévu de mesures pour notre secteur visant à tempérer les conséquences d’un Brexit dur. Une proposition prévoyant une exemption de visa sur base de réciprocité a été émise. Il est encore incertain que les voyageurs européens pourront encore voyager simplement avec leur carte d’identité. Nous espérons surtout que les retards aux frontières resteront limités. Les propositions supplémentaires émises par la Commission fin décembre sont quoi qu’il en soit un pas dans la bonne direction.”

Manuela Libens (Gallia): “Beaucoup de questions, mais pas de diminution des réservations”

“Etant donné qu’il n’y a encore eu aucun changement concret suite au Brexit et que personne ne peut encore nous dire s’il y aura des changements, par exemple, au niveau du trafic de personnes, nous ne pouvons pas vraiment donner de commentaire actuellement. Le jour où la situation sera plus concrète, nous pourrons évaluer l’impact sur notre entreprise et prendre les mesures nécessaires. Jusque-là, cela reste beaucoup de paroles en l’air (passeport international, frontières fermées, visas, avions européens qui ne peuvent plus traverser l’espace aérien britannique et inversement, navires interdits d’escale…). La seule chose que nous observons, c’est que les clients potentiels posent beaucoup de questions à ce sujet, mais que le nombre de réservations n’en pâtit pas pour autant, car personne ne croit que la situation sera aussi catastrophique que ce que l’on veut parfois nous faire croire.”

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