Analyses, Aviation

Atlantia (famille Benetton) doit aider à sauver Alitalia

Avec l’arrivée de la famille Benetton, principalement connue pour sa marque de vêtements, la saga autour d’Alitalia a pris une nouvelle tournure. Atlantia, holding de Benetton, détient également des concessions autoroutières et aéroportuaires.

Les Benetton sont également propriétaires de l’entreprise de restauration Autogrill, connue dans notre pays comme exploitant des implantations de Starbucks, entre autres.

Atlantia et Delta Air Lines ont été appelées à la rescousse par les chemins de fer italiens Ferrovie dello Stato (FS) pour sauver la compagnie aérienne du déclin. Alitalia accumule les pertes depuis 2002; elle est virtuellement en faillite depuis plus d’un an et demi, mais peut continuer d’opérer grâce à un crédit de transition de 900 millions d’euros. La Commission européenne mène une enquête sur ce qu’on appelle ‘des aides d’Etat cachées’.

Le quatrième grand investisseur, outre FS, Atlantia et Delta, sera le ministère italien de l’Economie qui opte dans un premier temps pour l’élaboration d’un plan industriel pour définir la direction à prendre pour Alitalia.

Par le passé, Atlantia a déjà injecté de l’argent à deux reprises dans la compagnie aérienne. Le montant versé aujourd’hui n’est pas connu. D’après la presse italienne, FS et Atlantia prennent chacun 35% du capital de la compagnie, et 15% chacun pour Delta Air Lines et le ministère de l’Economie.

Le Mouvement 5 étoiles du vice-premier ministre Luigi Di Maio, qui opère dans une coalition populiste, a déjà été très critique envers Atlantia, dont la filiale Autostrade gérait l’entretien du viaduc qui s’est écroulé à Gênes l’an dernier. 40 personnes avaient perdu la vie dans cette catastrophe.

Matteo Salvini, leader du parti d’extrême-droite la Ligue du Nord, a quant à lui annoncé son soutien à Atlantia, qu’il décrit comme “un partenaire industriel sérieux dont le chiffre d’affaires s’élève à quelques dizaines de milliards d’euros”.

Alitalia, qui emploie environ 11.000 personnes, perd près d’un million d’euros par jour. Il ne lui reste d’ailleurs que 430 millions d’euros du crédit de 900 millions accordé par le gouvernement italien en 2017.

Les nouveaux actionnaires vont devoir se mettre d’accord sur un nouveau plan industriel pour relancer la compagnie aérienne. Cela pourrait prendre des mois et passer par la suppression de centaines d’emplois (probablement plus de 1.000), des coupes dans les salaires et dans le réseau et une réduction de la flotte. La nouvelle société devrait se concentrer sur les vols long-courriers et fermer toutes ses destinations non rentables.

Luk De Wilde

 

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