Analyses

ABTO: “Le Sri Lanka sourit à nouveau!”

C’est au son des tambours et devant des numéros de danse acrobatiques qu’une délégation de cinq membres de l’ABTO ont été accueillis fin octobre à l’aéroport de Colombo, sur invitation de l’office de tourisme du Sri Lanka. Cette invitation s’inscrit dans le cadre d’un plan d’action ambitieux visant à attirer les professionnels du voyage européens vers l’île pour leur montrer sur place, après les attentats du 21 avril, que le tourisme reprend et que le marché se réveille. L’occasion aussi de découvrir un Sri Lanka rénové qui charmera encore davantage les visiteurs grâce notamment à de nouveaux hôtels trendy. La Belgique était le quatrième marché émetteur après l’Allemagne, l’Australie et l’Inde à pouvoir profiter de cette invitation.

Plein d’espoir

“On ne peut nier que les récents attentats ont eu un effet désastreux sur le nombre de touristes qui ont visité le Sri Lanka ces derniers mois”, explique Mahen Kariyawasan (président de la Sri Lanka Association of Inbound Tour Operators et GM du DMC Andrew). Pour 2018, les arrivées touristiques s’élevaient à 2,3 millions de pax, tandis que nous pourrons nous estimer heureux d’atteindre 1,8 million de pax – dont 17.000 Belges – cette année. Entre mai et septembre, le marché a croulé de 50%. Heureusement, les signaux actuels sont positifs et nous devrions voir une belle reprise et une stabilisation du marché en cette fin d’année, ce qui est de bon augure pour 2020. Le Sri Lanka respire à nouveau, nous retrouvons donc notre sourire légendaire.”

Pas de perte de temps

A l’hôtel Shangri-La de Colombo, où 25 employés et clients ont été brutalement assassinés par les terroristes le 21 avril dernier, le ministre du Tourisme John Amaratunga a souligné que le Sri Lanka a reçu beaucoup d’aide et de soutien du monde entier. Au vu des liens historiques entre la Belgique et le Sri Lanka, il est par ailleurs convaincu qu’il ne faut plus perdre de temps pour commencer à travailler de concert au redressement du tourisme dans son pays. D’importants budgets ont donc été débloqués. “Le fait que l’ABTO joue un rôle important pour la Belgique est une évidence. Tous nos remerciements pour cette implication”, ajoutait encore le flamboyant ministre.

Et le président de l’ABTO, Luc Coussement, qui menait la délégation belge, de répondre: “Que l’industrie belge dans son ensemble et l’ABTO en particulier croient fermement dans le potentiel touristique du Sri Lanka et que nous unirons nos forces pour rendre au pays sa place de choix sur la carte des destinations est une évidence. Le Sri Lanka demande plus d’action, nous allons tous nous y mettre.”

Cette collaboration sera coordonnée par Charmarie Maelge (managing director Sri Lanka Tourism Promotion Bureau) qui a abandonné une carrière académique pour donner un nouvel élan touristique à l’île et qui sera assistée dans sa vaste tâche par Danojani Weerasinghe (junior manager marketing).”

(Suite de l’article sous les photos)

Commentaires

Luc Coussement (président de l’ABTO): “C’était ma cinquième visite au Sri Lanka, mais la dernière date déjà d’il y a 20 ans. Beaucoup de choses ont changé depuis, bien entendu, mais la population y est toujours étonnamment accueillante et je reste convaincu que le Sri Lanka est le point d’entrée idéal pour les voyageurs qui se rendent en Asie pour la première fois. L’hospitalité dont font preuve la majorité des locaux charmera assurément de nombreux voyageurs. Selon moi, cette île aux multiples facettes possède encore un beau potentiel de croissance. Je pense ici notamment à aux côtes Nord et Est, qui sont encore relativement vierges de tourisme. Il reste énormément de choses à y découvrir. En outre, on travaille à l’extension du réseau autoroutier, ce qui devrait limiter les problèmes d’embouteillages criants du pays. Il est possible de visiter le Sri Lanka à au moins trois reprises sans voir deux fois la même chose. C’est avec un intérêt croissant que j’attends la mise en œuvre des initiatives de l’ABTO et de ses membres en collaboration avec le dynamique office de tourisme du Sri Lanka. C’est une grande première pour notre association. Un défi que l’ABTO se fait un plaisir de relever pour rendre au Sri Lanka sa gloire d’antan avec ses membres d’une part et une agence de communication d’autre part, en informant et en inspirant les voyageurs.”

Jean-Luc Hans (vice-président de l’ABTO et directeur touroperating BT Tours): “J’étais ici il y a 20 ans, mais ma première impression est que le Sri Lanka est resté une destination authentique. L’augmentation du trafic est par contre impressionnante. Le Sri Lanka est un pays relativement petit – environ deux fois la surface de la Belgique – mais il a énormément à offrir: nature, culture, plages, montagnes, temples, parcs nationaux, vie sauvage, etc., et tout ceci dans un rayon relativement limité. Avec BT Tours, nous emmenons environ 200 clients chaque année vers cette île par le biais de trois circuits, dont un fait également escale à Dubaï sur le chemin du retour. Je trouve surtout que la mobilité doit être améliorée. Les voyageurs perdent aujourd’hui encore trop de temps entre deux destinations. Au Sri Lanka, on ne compte toujours pas les distances en kilomètres, mais en heures de route. J’ai été ravi de voir que ce voyage de l’ABTO était en partie organisé par le DMC Connaissance de Ceylon, avec qui nous travaillons également chez BT Tours.”

Paul Ryckaseys (membre de l’ABTO et GM Imagine Travel):”C’était mon troisième voyage au Sri Lanka et bien que le dernier date d’il y a quatre ans, j’ai été frappé par la quantité de chantiers hôteliers. Par le passé, il était difficile de trouver des hôtels quatre ou cinq étoiles, et presque tous les nouveaux hôtels font partie du segment du luxe. Avec près de 400 pax par an – surtout en circuits à la carte – Imagine fait sans doute partie des meilleurs ‘fournisseurs’ sur le marché belge. Les responsables du tourisme au Sri Lanka font du bon travail et ont réussi à relativiser les avis de voyage négatifs après les attentats à coups de communiqués, de commentaires et de rapports. Point important pour l’avenir, les travaux autour d’une meilleure mobilité. Depuis le lancement d’Imagine Travel en 2010, nous travaillons avec Andrew comme DMC et Mahen Kariyawasan qui guide nos projets et idées de façon proactive et enthousiaste depuis tout ce temps. Laissez-moi illustrer mon propos: dans notre programme Sri Lanka 4 Kids, nous visitons par exemple un centre de recherche et de revalidation pour tortues très intéressant.”

Dirk Dom (administrateur de l’ABTO): “C’était ma première fois au Sri Lanka et je reviens avec une expérience positive. Sur bien des aspects, c’est une belle île et nous y avons vécu de beaux moments. Je pense par exemple à l’ascension de Lion’s Rock, des innombrables éléphants que nous avons observés durant le safari à Minneriya National Park, les temples de Dambulla, Galle et notre agréable séjour dans les derniers hôtels boutique. La gastronomie locale était aussi une découverte. C’est un pays à découvrir en voyage organisé. Si j’y retournerai un jour? Sans doute, de préférence en groupe, mais je combinerais quand même avec les Maldives.”

Ilse Meyers (secrétaire générale de l’ABTO): “Ma première visite du Sri Lanka m’a agréablement surprise, surtout l’hospitalité et la chaleur que la population dégage. J’ai vu beaucoup de beaux hôtels qui diffèrent clairement de nombreux établissements européens modernes. La mobilité est clairement un problème, mais faire la file sur les petites routes dans l’effervescence générale est une occasion idéale de découvrir le vrai charme et la vraie ambiance de l’île. C’est quoi qu’il en soit une destination à visiter avec l’aide d’un tour-opérateur expérimenté. Au niveau culturel et religieux, les options ne manquent pas et j’adorerais visiter le Sri Lanka à nouveau en compagnie de mes enfants. La population possède un mode de vie assez contagieux. Presque tout le monde parle un assez bon anglais, ce qui n’est pas le cas de bon nombre d’autres destinations orientales. Ce fut en somme un très agréable voyage, malgré les trajets en car parfois longuets. Cela s’explique aussi par le fait que nous n’avions que cinq jours pour visiter ce qu’un voyageur lambda visite en dix jours.”

Par Yves Slabbinck, senior reporter Travel Magazine

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