Analyses

37th Caribbean Travel Marketplace

Fernand Dacquin (senior reporter)

Du 29 au 31 janvier, le Montego Bay Convention Centre accueillait la 37e édition du Caribbean Travel Marketplace. Il s’agit du plus grand et du plus important événement marketing des Caraïbes, organisé par la Caribbean Hotel & Tourism Association avec la collaboration cette année du ministère jamaïcain du Tourisme.

Ce salon du tourisme rassemble plus de 200 exposants issus de 26 pays de la région des Caraïbes. On y fait la part belle aux hôtels et resorts, dont bon nombre de ‘petits’. On y retrouve aussi nombre d’offices de tourisme, DMC, médias touristiques, organisateurs MICE et autres spécialistes des incentives. Le salon a attiré l’attention des acheteurs et de la presse de 20 pays différents, dont la Chine, l’Inde, la Suisse, la Pologne et l’Argentine, qui comptaient le plus grand nombre de nouveaux visiteurs.

La Jamaïque s’affiche

On a vu beaucoup d’optimisme de la part des exposants et de l’office du Tourisme. En 2017, le pays a pu accueillir 4,3 millions de visiteurs, soit 12% de plus qu’un an auparavant. Pour 2018, la balance semble également positive. De janvier à novembre, on compte déjà 1,2% de visiteurs européens supplémentaires par rapport à 2017. Le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Italie, les Pays-Bas et la France sont les principaux marchés émetteurs. La Scandinavie affiche de moins bons résultats, mais tous les autres marchés se portent bien. En 2017, 6.500 Belges ont visité la Jamaïque, contre 6.000 en 2016.

Augmentation de la capacité

Le secteur hôtelier en Jamaïque compte aujourd’hui 32.000 lits. Le ministère avait déjà annoncé que d’ici 2022, 15.000 nouvelles chambres s’ajouteraient à ce chiffre. Durant le Marketplace, Donovan White, directeur de l’office du Tourisme, a annoncé qu’un accord avait été signé avec H10 Hotels pour la construction d’un hôtel de 1.000 chambres à Trelawny. Un autre accord a également été conclu avec la chaîne espagnole Princess Hotels & Resorts pour la construction d’un hôtel de 2.000 chambres à Hanover. Nous avons visité trois hôtels ayant ouvert ces six derniers mois: l’éco-hôtel Skylark Beach Resort et ses 140 chambres à Negril, l’Excellence Oyster Bay à 35 minutes de Montego Bay (315 chambres) et le tout nouveau Spanish Court Hotel à Montego Bay (120 chambres). On observe également une belle augmentation de l’intérêt que les voyageurs portent à l’offre Airbnb. Après 35.000 nuitées enregistrées en 2016, on en a dénombré 50.000 en 2017.

Edmund Bertlett, ministre du Tourisme.

Prendre soin des petits!

Le Marketplace s’est ouvert sur une conférence intitulée ‘Global Conference on Jobs and Inclusive Growth: Small and Medium Tourism Enterprises (SMTEs)’.

Edmund Bartlett, ministre du Tourisme de la Jamaïque, a directement frappé là où ça fait mal: “Le tourisme mondial repose principalement sur de petites et moyennes structures. Cela signifie que les SMTE (petites et moyennes entreprises touristiques) représentent 80% de cette industrie, mais seuls 20% des bénéfices du tourisme leur reviennent. Chaque fois qu’un voyageur dépense dix dollars, huit dollars retournent vers les grands acteurs, alors que les ‘petits’ ne retouchent que deux dollars.”

Par SMTE, on entend les petits magasins, les transporteurs, les restaurants, les maisons d’hôtes, les agriculteurs, les fournisseurs locaux des hôtels et B&B, les petites attractions, etc.

Les points faibles de ce groupe sont surtout le manque d’information, les limitations dues au manque de capitaux, le manque de connaissance des consommateurs, le manque de vision du marché, etc. Maintenant que le tourisme international s’écarte du ‘soleil, mer et plage’ pour donner plus de place à l’expérience, l’interaction, l’héritage, la gastronomie et la nature, le rôle de SMTE est valorisé.

Avec l’Organisation mondiale du Tourisme (OMT), un projet est lancé pour donner un nouveau souffle aux SMTE.

Global Tourism Resilience & Crisis Management Centre (CTRCM)

Edmund Bartlett et Taleb Rifai, ancien secrétaire-général de l’OMT, ont ouvert ce centre lors de la 37e édition du Caribbean Travel Marketplace à Montego Bay. L’idée derrière ce centre est que le secteur touristique est menacé chaque jour dans chaque pays par une foule d’éléments: le réchauffement climatique, les ouragans et les catastrophes naturelles, la cybercriminalité, les épidémies, le terrorisme, etc. Le centre veut avoir un coup d’avance sur ces éléments.

Dans son discours d’ouverture, Edmund Bartlett déclarait: “Selon le World Travel & Tourism Council (WTTC), 322,6 millions de personnes travaillaient dans le secteur touristique à l’échelle mondiale, que ce soit de manière directe ou indirecte. Ce chiffre devrait augmenter de 2,5% jusqu’à 413,5 millions en 2028. Le tourisme est devenu un élément tellement important dans l’économie mondiale qu’il en devient fragile. C’est là que le CTRCM a un rôle important à jouer!”

Dans un projet commun du ministère du Tourisme et de l’University of the West Indies et à l’initiative du ministre du Tourisme, une enquête sera menée, des mesures potentielles seront étudiées et un meilleur plan de communication sera élaboré. Les spécialistes seront également formés afin d’éviter les catastrophes à l’avenir afin de pouvoir remettre les régions touchées sur pied le plus rapidement possible. Les quatre thèmes: changement climatique, épidémies, (cyber)sécurité et capacité de rétablissement.

Le centre est en développement depuis novembre dernier et sera opérationnel d’ici octobre 2020. Le CTRCM sera alors remis à l’University of West Indies, Mona Campus, ou une nouvelle chaire va être ouverte pour assurer la formation nécessaire. Le Mona Campus possède une section à Montego Bay et une à Kingston.

 

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