Edito

Une véritabel plus-value

L’année s’achève de la même manière qu’elle avait commencé: tout affairés que nous sommes par la frénésie des ventes de l’été prochain, déjà marqué par le retour en force de la Turquie prisée pour son infrastructure hôtelière moderne et son excellent rapport qualité/prix. D’ores et déjà, les prestataires observent et se félicitent à l’unisson des bons points que marquent à la réservation des pays tels que la Tunisie (dans une moindre mesure) ainsi que l’Egypte sans que cela ne porte préjudice aux grands classiques que demeurent l’Espagne et la Grèce (malgré sa moindre capacité) au niveau des vacances en avion dans une perspective tout aussi prometteuse pour l’année 2018.

Entre-temps, l’avenir de notre industrie voyagiste s’enhardit toujours plus grâce à l’influence grandissante d’une évolution technologique jouant tous ses effets tant sur les produits que sur les processus, la relation client et l’échange de données. Au même titre, il ressort de la pratique combien les réseaux sociaux (et leurs mesures marketing parfois bien étranges) constituent de nos jours un business sans merci où (pour ce qui est du prochain été surtout) on ne peut que déplorer le déferlement de ‘fake accounts’ de prétendus ‘influenceurs’ (qu’on appelait auparavant ‘blogueurs’) qui n’auront fait que ternir encore davantage la crédibilité de contenus marketing – souvent sponsorisés – dans un nombre toujours plus grand de domaines.

Sur ces entrefaites, les producteurs – quels qu’ils soient – jettent massivement leur dévolu sur les segments thématiques que sont la famille – avec la création d’espaces adaptés aux enfants – tant dans les aéroports que dans les hôtels et sur les nouveaux navires de croisière que sur des thèmes relativement neufs comme les singles, les adults only, les vacances actives et sportives, etc. Le nouveau credo que chante aujourd’hui le producteur voyagiste a pour refrain: ‘plus jeune et plus exclusif sera le produit, plus difficile deviendra la comparaison directe des prix et plus grande la chance de se réserver une marge consistante’. Ainsi peut-on expliquer aujourd’hui ce combat titanesque que se livrent les prestataires pour s’arroger une clientèle (plus que jamais obnubilée par la quête de vécu) tant au niveau du producteur en phase avec ses canaux de distribution – où le professionnel/agent de voyages demeure fort de ses connaissances et de son sens du service le principal maillon – ou ceux qui, au niveau des portails, des plateformes ou des OTA pure souche – autant d’agrégats jonglant avec brio avec les algorithmes et les données (en l’occurrence soutenus ou non par des ‘chatbots’) – cherchent à s’appréhender le client mobile.

L’indéniable atout est ici que cet ‘étoffement’ du produit avec, entre autres, des voitures de location, des assurances complémentaires, des excursions, des visites de théâtre et/ou de restaurant, des entrées de musées, des forfaits spa/balnéo, génère aussi bien pour le producteur que pour le distributeur une plus-value absolue qui ne pourra que déboucher sur une parfaite et durable fidélisation de la clientèle convoitée. D’autres, plus défaitistes, avanceront bien sûr que l’appel de l’Internet continuera de plus belle à attirer les aventuriers dans sa jungle pour qu’ils y réservent leur place au soleil, mais ça n’empêche que, grâce à la panoplie technique dont l’agent de voyages dispose aujourd’hui, il lui est devenu tout aussi facile et rapide de fournir à son client toute une gamme de services auxiliaires dignes de ce nom du budget le plus serré au plus luxueux. Il s’ensuit que tant le client que le vendeur pourront – à condition de bien fixer leurs objectifs – produire une indéniable plus-value pour faire de chaque voyage une expérience aussi personnalisée que rêvée et dont finalement le vendeur de voyages pourra réciproquement et sur toute la ligne pleinement tirer profit!